‹ Excursions en Roumélie et en Morée (volume 2)Chapitre 236 sur 284 · PARTIE II. — LIVRE II · texte numérisé non relu

PARTIE II. — LIVRE II

derrière un rocher pour attendre comme une proie, l'odieux oppresseur de leur pays; mais il eût été impossible de les astreindre aux travaux pénibles d'un siège régulier. Il eût été encore plus malaisé de décider un pallicare de la Maïna à quitter le fusil pour prendre la pioche ou la bêche. Ajoutons que le nombre ne suppléait pas , tant s'en faut , au manque d'expérience et de discipline. Les chefs de l'armée nationale n'avaient que 6 ou 7000 soldats au plus 9 munis seulement d'armes improvisées, pour faire le' siège dé la capitale du Péloponèse, défendue par d'excellentes troupes et des capitaines résolus. Moustapha - bey , kiaîa (lieutenant) de Kourchid-pacha , généraractif et brave, après avoir ravage l'Achaïe et l'Argolide, s'était jeté dans Tripolis avec une partie du corps qui avait détruit iEgium et Argos. Un Epirote, Elmaz-bey était aussi entré dans la place avec 2500 Albanais. Ces forces , réunies à la garnison, portaient l'armée commandée par Moustapha à 42,000 hommes, parfaitement armés, abrités par des murailles et munis de trente canons de bronze et de plusieurs canons en fer auxquels les assiégeants n'avaient à opposer

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qu'une centaine de boulets destinés au service de quelques pièces d'artillerie montées d'une manière déplorable. Mais le combat de Valtetsi avait inspiré de l'ardeur aux soldats. Les Maïnotes commandés par Kyriakoulis et Jean Havromichalis , avaient , pendant deux jours et une nuit, tenu tète à Moustapha-bey, jusqu'au moment où l'arrivée de Colocotronis l'obligea à s'enfuir. Plus tard, Kyriakoulis Navromichalis, frère de Pierre , lorsqu'il essaya de délivrer l'Albanie méridionale , devait y retrouver Moustaphabey sur le cbamp de bataille où ils expirèrent l'un à côté de l'autre.

Le succès éclatant obtenu par les Hellènes à Valtetsi , n'était pas de nature à décourager les Turcs. Les derniers sièges de Silistria et deRars ont prouvé qu'ils sont beaucoup plus aptes à défendre une place qu'à se battre en rase campagne. D'ailleurs, les Hellènes éprouvaient en présence des difficultés que h situation leur opposait un embarras visible. A une époque où la lutte recommençait entre l'Europe et l'Asie , on eût pu se croire au siècle d'Agamemnon et de Priam. Campés sur les pentes du Ménale, les chrétiens ne semblaient avoir aucune envie de

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