PARTIE II. — LIVRE II
Les ruines d'Aséa se voient encore sur une colline au bord de la plaine de Francovrissi. A cinq stades d'Aséa , et à quelques pas des sources de l'Eurotas , Pausanias place avec raison la source de TAlphée , le fleuve principal du Péloponèse. L'Alphée, ainsi que TEurotas et les autres fleuves de la Grèce , était devenu un dieu pour un peuple disposé à personnifier toutes les forces de la nature. Les cornes ou la tête de taureau de ces divinités représentaient Timpétuosité de leurs eaux, et la forme de serpent, les sinuosités de leur cours. Dans un pays tel que FArcadie, où la mythologie naturaliste avait de si profondes racines , on s'entretenait partout des amours des fleuves et des nymphes. Alphée, ce modèle des amants , allait à travers les mers retrouver la nymphe Aréthuse , devenue une fontaine. Les Hellènes des temps antiques n'avaient pas, du reste » des idées plus abstraites que les pasteurs arcadiens ; car le roi des rois Agamemnon invoque les fleuves comme de grandes divinités en même temps que Zeus , la Terre et le Soleil. La Grèce , qui garde au fond du cœur le souvenir des dieux contemporains des plus glorieuses époques de son histoire , croit encore à
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l'esprit des fleuves S comme elle admet l'existence d'esprits des montagnes et des rochers , transformation desOréades, ces fidèles compagnes d'Artémis.
L'Alphée méritait bien la tête et les cornes dont la mythologie se servait pour exprimer Télan impétueux des fleuves. Après avoir reçu plusieurs cours d'eau , dont les plus connus sont l'Hélisson et le Gortynius , il sort avec fougue des gorges du Lycée, et, grossi par l'Érîmanthe et par le Ladon , il se répand dans la célèbre vallée d'Olympie. Cette vallée, autrefois si fîère de ses temples , a été tellement ravagée par les débordenients du fleuve, que le théâtre des jeux olympiques a été transformé en un désert. Des alluvions de quatre mètres d'épaisseur amenées par l'Alphée ou descendues des montagnes voisines, ont obstrué la plaine autrefois couverte des chefs-d'œuvre de Phidias et d'Alcamène. L'expédition scientifique envoyée en Morée par le gouvernement français, a bien retrouvé les ruines du fameux temple de Zeus olympien, mais il a été impossible de découvrir tant d*édi-
*To crxotj^elov tow itOTa|i.ou. Fauriel, Chants populaires, U,79. 1