‹ Excursions en Roumélie et en Morée (volume 2)Chapitre 246 sur 284 · PARTIE II. — LIVRE II · texte numérisé non relu

PARTIE II. — LIVRE II

sein « dont ces innocentes Arcadiennes ne paraissaient pas le moins du monde embarrassées de laisser voir Ténormilé , allant et venant à travers l'échancrure des chemises qui, d'ailleurs, n'atteignaient guère qu'à la hauteur de l'estomac. T> Le savant naturaliste , après avoir signalé d'autres défauts analogues, s'excuse de la précision des détails qu'il croit devoir donner en montrant la nécessité de «porter jusqu'à l'évidence les différences caractéristiques très-considérables qui séparent la race pélasge de la teutonique et de la celte. »

Le métier de bois dont je viens de parler est loin d'être une partie insignifiante du mobilier d'une paysanne de la Grèce. Non-seulement les femmes de ce pays prennent une part considérable aux travaux agricoles , mais elles sont le principal agent de la fabrication. En Occident, le « sexe fort i^ dédaignant trop souvent l'épée et îa charrue, a fini par envahir toutes les professions. Il manie très-volontiers l'aiguille, l'aune, la navette, la broche et la rôtissoire. Tous les métiers lui semblent bons , pourvu qu'il échappe à la dure nécessité du pénible travail que la nature lui a évidemment imposé. Chez les Hellènes ,

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rhomme sort moins aisément de sa sphère. Il veut que la femme travaille aux champs, mais il n'entend point la débarrasser de travaux qui conviennent mieux à sa constitution. Aussi ces infatigables ménagères , dont les touristes occidentaux parlent parfois avec un dédain si injuste , fabriquent-elles avec leur métier les chemises , les foustanelles et les flokatas (manteaux à longs poils). C'est aussi l'industrie privée qui produit les tapis communs , les bonnets blancs en laine, les sacs et cordes en poil de chèvre , les menus cordages en chanvre, et ces grossiers tissus de laine qui» sous le nom de chayokiSy servent aux vêtements d'hiver. Qu'on ajoute au labeur des champs, au travail industriel, le soin des enfants et du ménage, et on aura une idée approximative de la besogne imposée aux paysannes de la Grèce. Cetle ouvrière de l'Occident dont M. Jules Simon a fait un portrait attristant , tout en évitant d'indiquer un seul remède sérieux à sa pénible situation *, voudrait-elle prendre sur ses épaules un aussi lourd fardeau?

* L'auteur , en prouvant que son mari la ruine et l'exploite , se félicite , comme Yan-archiste M. Proudhon , de voir que le divorce lui est rigoureusement interdit. Les philosophes français sont encore « fils aînés de l'Église romaine, » et les plus

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