‹ Excursions en Roumélie et en Morée (volume 2)Chapitre 247 sur 284 · PARTIE II. — LIVRE II · texte numérisé non relu

PARTIE II. — LIVRE II

Après avoir traversé Sinano, je me dirigeai , en passant au milieu des champs de maïs , vers la « grande ville » (mégalo polis)y qui doit son origine à la politique d'Épaminondas , empressé de concentrer contre Sparte dans cette plaine vaste et fertile , protégée par des montagnes couvertes de chênes , les forces trop dispersées de la ligue arcadienne. Pour y attirer les habitants des bourgades de l'Arcadie , on avait dû choisir un territoire propre au développement de Tagriculture. Le plan de l'enceinte, qui avait 50 stades (900 mètres), n'est pas trop difficile à reconnaître. Le théâtre, creusé dans le flanc d'une colline , a perdu ses gradins de marbre. A la veille d'une bataille, Golocotronis avait fait vœu de bâtir une église à la Panaghia s'il remportait la victoire. Son vœu ayant été exaucé , il se servit des marbres du théâtre pour construire l'église de la Vierge miséricordieuse (éléoussa). Le paysan , qui n'est pas plus disposé que le général arcadien à comprendre les intérêts de l'archéologie et dont « le moindre grain de mil ferait bien mieux l'affaire», traîne la charrue sur ces

audacieux tiennent à mourir en conservant quelques préjugés catholiques.

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ruines imposantes et y sème le maïs avec la plus complète indifférence. Comme le terrain ne manque pas en Grèce y il serait temps de ne pas abandonner les monuments d'un passé glorieux à cette rustique philosophie. Â Mégalopolis spécialement, où les édifices abondaient, ainsi que l'attestent Pausanias et Polybe , des fouilles devraient être très -productives. L'emplacement que la ville occupait, est partagé par l'Hélisson, qui coule de l'est à l'ouest et qui , près de là, se jette dans l'Âlphée. En contemplant cette niultitude de tronçons de colonnes épars , on ne peut éviter des réflexions assez tristes sur le peu de solidité des civilisations les plus brillantes. Cette Rome , qui n'existait même pas quand Évandre conduisit dans la campagne romaine une colonie d'Arcadiens , fut assez habile pour tout asservir. «Quel homme, disait mélancoliquement le grand historien de Mégalopolis, est assez frivole ou assez indolent pour ne pas se soucier de connaître comment et par quelle sorte de politique, presque tous les pays de la terre habitée furent soumis en moins de cinquante-trois ans et n'eurent plus que les Romains pour maîtres *. i>

* Polybe, Histoire générale, livre !«»■, chap. IV.

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