PARTIE II. — LIVRE II
personnages malfaisants , aux queues de singe et aux têtes d'âne, qui courent les champs et se rassemblent dans les carrefours. Les Occidentaux du moyen âge s'imaginaient que la figure du satyre était celle qu'affectaient les légions de l'enfer. En Grèce, le peuple regarde comme un mauvais présage la vue d'un lièvre, antique symbole des satyres poltrons , qui traverse par hasard le chemin. On ne doit pas s'étonner de voir transformer en magiciens ou en diables d'anciennes divinités, les dieux des cultes vaincus devenant d'autant plus aisément des génies nuisibles, aux yeux de la religion victorieuse, que leur caractère est contraire à ses enseignements. Si les nymphes gracieuses n'ont pas elles-mêmes échappé à cette dure condition , comment les lascifs et ivrognes satyres , au nez camus, aux oreilles de chèvre, auraient-ils pu s'y soustraire?
Les Titans semblaient mieux faits que Pan , les Égipans et les satyres pour fournir des traits ressemblants au portrait des esprits superbes révoltés contre Jéhovah. Bathos, en Arcadie, était, — ainsi que les champs Phlégréens de laThessalie, la Macédoine, etc., — le théâtre
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des formidables combats racontés par Hésiode. Personnification des feux qui s'échappent de la terre, comme pour combattre les cieux, et en général des météores qui, dans le firmament, luttent contre le soleil, tels que les Adiiyas des Hindous , les Titans, ces dieux pre* miers-nés, avaient été honorés d'un culte, surtout dans les contrées volcaniques , et la poésie leur conserva après leur défaite par les divinités nouvelles, symbole d'un ordre moins troublé de la nature, un souvenir toujours vivant. Le plus célèbre des Titans est Prométhée , dont le nom rappelle l'épithèle de Pramathi (prescience), donné fréquemment par les Hindous àAgni, dieu du feu.
Le présent sans égal que le Titan apporte du ciel à la terre , caché dans la plante narthex , est bien le feu divin du sacrifice que le Brahmane tire de l'aram, et qu'il croit dérobé aux cîeux. Le châtiment infligé à l'ami des humains pour le bienfait dont il les a gratifiés , a laissé une si forte impression dans l'imagination des populations helléniques, que plus d'une superstition semble supposer la crainte perpétuelle d'une divinité envieuse des progrès ou du bonheur de