PARTIE II. — LIVRE II
nople pour planter rétendard de la croix sur le sanctuaire purifié d'Haghia-Sophia. En quelques jours, disaient ces compatriotes de Nikilas et de Colocotronis, 4000 hommes seraient sur pied dans ces vallées toutes pleines encore des traditions héroïques de Valtetsi et des souvenirs de Bobolina , qui prit une part si active au fameux siège de Tripolis. Les succès des Italiens dans la guerre qu'ils soutenaient alors contre les vassaux de l'Autriche , le pape et le roi de Naples , enflammaient toutes les imaginations. On se figurait que le temps était venu d'enlever aux Turcs, protégés par le César de Vienne comme les princes de la péninsule italique, les provinces helléniques restées sous leur joug exécré. Chacun comprenait que les Ottomans étaient «campés» et non pas établis en Europe, et qu'un jour ou l'autre ces nomades du Turkestan devraient lever leurs tentes pour aller les planter en Asie. La civilisation chrétienne avait récemment obtenu de si grands triomphes sur la barbarie, que les espérances les plus audacieuses semblaient réalisables. La France avait dompté la Kabylie; l'Angleterre écrasé, avec une poignée de soldats, la grande insurrection brahmanique
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et musulmane de THindoustan ; la Russie avail vaincu et pris dans les gorges du Caucase Tindomptable Chamy] et s'avançait sans obstacle vers l'Asie centrale et jusqu'au Japon. Ces défaites multipliées de l'islamisme ne devaient-elles pas aboutir à l'expulsion des Turcs du sol de l'Europe, trop longtemps souillé par leur présence? L'œuvre guerrière des héros de l'Albanie, de la Roumanie et delà Grèce, des Scanderbeg, des Étienne-le-Grand , desHunyad, des Michelle-Brave, des Botzaris, des Karaïskakis et des Miaoulis, ne devait-elle pas être achevée?