‹ Excursions en Roumélie et en Morée (volume 2)Chapitre 257 sur 284 · PARTIE II. — LIVRE III · texte numérisé non relu

PARTIE II. — LIVRE III

lettre «au chef du peuple libre de laMaïna, descendant des Spartiates,)) fut étonné de Théroïsme de leurs femmes. Irène , atteinte d'une balle à la cuisse, se tourne vers l'ennemi : «Tu crois m'avoir fait beaucoup de mal; mais je puis encore avoir des enfants qui me vengeront. » Une nouvelle mariée, Hélène, trouvant son mari blessé au bras gauche, suce le sang de la plaie et tire la balle avec sa langue : «Va, dit-elle, la rendre à Tennemi.» Théocarie, voyant expirer son fils, auquel elle apportait des vivres, s'empare de ses armes: «Dors, mon enfant, dit-elle, je vais combattre à ton poste. » Lorsque deux galiotes turques attaquaient Gythium , on vit les femmes se précipiter dans la mer pour empêcher les vaincus de s'enfuir. Pareille àCynégire, Paraskevi s'élança la première et avec ses mains et ses dents s'efforçait d'arrêter un des navires.

L'insurrection du Péloponèse au dix-huitième siècle fit comprendre à la Sublime-Porte la nécessité de ne pas pousser les Maïnotes â bout. Un firman du padishah (20 janvier 1777) détacha la Maïna du sangiao de la Morée et lui donna un bey chrétien. Sans être sacrés par le patriarche de Constanlinople, comme les domni

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(princes) de la Roumanie, ces beys surent, dans plus d'une circonstance, résister aux tyrans de la Grèce. Le premier fut Jean Coutoupharis , dont la femme a laissé à Sparte un nom populaire. Lorsqu'il eut été étranglé à Constantinople, où il avait été attiré par la perfidie des Turcs, elle jura de le venger d'une manière éclatante. Elle tint si fidèlement sa promesse, qu'elle fit plus de mal aux Ottomans que les klephtes les plus redoutés.

Le successeur du premier bey fut Michel Troupianos, appartenant à une famille qui était, dès cette époque, en rivalité avec les Mavromichalis. Les Maïnotes, très - disposés à s'unir contre l'étranger, avaient l'habitude de se déchirer comme les Hellènes des anciens temps, ou comme en Occident les seigneurs féodaux du moyen âge. Cantonnés dans leurs pyrghi (tours), les chefs de la Magne avaient toutes les habitudes de ces barons turbulents qui n'épargnaient rien pour se débarrasser de leurs adversaires et pour étendre leur autorité. Ces mœurs existaient encore au commencement du siècle. Bory de Saint- Vincent, qui a connu le fils de Michel Troupianos, réparque d' Andi'ouvitsa , à l'époque de

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