‹ Excursions en Roumélie et en Morée (volume 2)Chapitre 259 sur 284 · PARTIE II. — LIVRE III · texte numérisé non relu

PARTIE II. — LIVRE III

chie de Gythium et dans le canton de Mavrouni , qui devint florissant. Un poëte de cette époque (1798), Nicolas Niphakis, nous a laissé une curieuse description de la Maïna au temps de D. Grigorakis:

« On voit , dit-il , une haute montagne dans la Morée et en Laconie , que les anciens Spartiates nommaient Taygète, et que les Maïnotes actuels appellent le haut Saint-Élie. Il y a d'autres montagnes inférieures qui s'étendent ducapMatapan et vont rejoindre le Taygète. Sur ces montagnes ont cherché un asile ces Spartiates que de nos jours on a nommés Maïnotes , pour y conserver leur liberté , et là ils ont bâti des villes et des villages ; car il n'était pas dans leur nature de devenir esclaves, mais bien de conserver leur indépendance, comme véritables fils de leurs pères et non bâtards; c'est pourquoi ils y vivent encore libres..,. Tous les chefs reconnaissent pour leur supérieur et commandant suprême Dzanétakis, ce héros admirable, soutien de la patrie et père commun des orphelins. Il méritait d'être le chef de toute la Maïna, ou Laconie, comme il en a le gouvernement; car il est bon patriote, hospitalier, magnifique, et il a fait au

pays un bien qu'aucun aulre ne lui a fait. La cloche sonne dans son palais le midi et le soir, j'en suis témoin oculaire, et ce n'est point un mensonge. Tous ceux qui l'entendent s'y rendent librement , y mangent et en sortent rassasiés. 11 aime les pauvres et les étrangers, il chérit son pays , poursuit les méchants et les écrase sous ses pieds. »

Le poëte fait mention, en finissant, de Tsimova (ancienne Arcopolis), «belle et grande ville qui reconnaît pour chef Mavromichalis. >

D. Grigorakis s'étant mis en relations avec la République française et avec son général , Napoléon Bonaparte, qui lui écrivit la fameuse lettre adressée «au chef du peuple libre deMaïna,» Napoléon lui envoya une corvette el des munitions, afin de seconder une insurrection des Maïnotes (1801). La Sublime - Porte ayant eu connaissance de ces relations ^ devenues assez intimes pour que Pierre, fils du bey, eût pris du service dans l'armée française , fit partir une flotte pour Gythium. Mais Dzanétakis Grigorakis ayant refusé de hvrer ses munitions, fut remplacé par Panaghioti Komodorakis, qui mourut dans les cachots du sultan. Son successeur,

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