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dans ses ondes limpides. En face, se dressaient ]es pentes superbes du Cithéron , où commença le drame des Labdacides. Les femmes du village de Platée qui jasaient à quelque dislance , auraient pu raconter probablement des aventures plus tragiques que celles d'Œdipe et de Jocaste. Tel récit des guerres de l'indépendance que j'ai écouté dans mon voyage, m'a semblé surpasser en pathétique les inventions les plus saisissantes des poètes de l'antiquité classique. A ma gauche s'élevait l'Hélicon, un des séjours favoris des Muses. Le mythe des Muses a subi plus d'une transformation avant de devenir les neuf sœurs filles de Zeus et de Mnémosyne. Tous les peuples Indo-Européens avaient une profonde vénération pour les eaux qui fertilisent et embellissent la terre. Hindous, Celtes, Slaves, Germains el Latins étaient d'accord sur ce point. 11 n'est donc pas étonnant que les Hellènes aient attribué aux eaux des propriétés merveilleuses : € Les eaux , dit le rhéteur Aristide , ont une vertu prophétique et inspiratrice. » Si la Pythie devait boire de l'eau de la fontaine Castalie pour lire dans l'avenir, le poète devait aussi chercher dans une source la faculté analogue de l'inspi-
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nés le chant que les esprits célestes disent dans le ciel , elle peut aussi forcer les Naïades à contribuer au bien-être des disciples de Jésus. On sait quelle importance l'Église orientale attache à Vhaghiasma. Quand l'eau a reçu la bénédiction du prêtre , à la fête de l'Epiphanie (6 janvier), disparaissent les immondes pagania qui troublaient les sombres nuits de décembre, et le vent du nord-ouest dissipe les tempêtes sur les mers de Grèce. La puissance qui pacifie la terre et les airs purifie également les eaux. Quand le ministre de Jésus-Christ a béni une source de la Béotie ou de la Phocide , le paysan se figure que l'Anaraïde lui devient propice; qu'il peut se servir de la fontaine pour pratiquer l'bydromancie et, en s'y désaltérant aux jours despanéghyris consacrés par l'Église orthodoxe, y trouver un remède contre les maladies.
L'Hélicon a souffert presque autant que Platée ou Leuctres des outrages du temps. Au siècle de Pausanias il passait pour la plus fertile et la mieux plantée des montagnes de la Grèce. Des arbres , contemporains des premiers âges , y balançaient leurs immenses rameaux, et de frais ruisseaux y entretenaient des fleurs innombrables