‹ Excursions en Roumélie et en Morée (volume 2)Chapitre 268 sur 284 · PARTIE II. — LIVRE UI. 55i · texte numérisé non relu

PARTIE II. — LIVRE UI. 55i

effectivement construire un sur cette montagne , et lui donna le nom de Mésithra , qu'il porte encore aujourd'hui. i> Ces incultes paladins qui , selon le chroniqueur Nicétas, se nourrissaient a de culottes de bœuf bouilles , de porc salé , cuit avec de la purée de fèves , assaisonnée d'ail et d'herbes de haut goût», visaient partout à se construire des nids de vautour pour, rançonner la plaine. A cette époque fut fondé le château de Carytœna, en Arcadie, où les Français trouvèrent, en 1828 , le «vieux Colocotronis » établi comme successeur de Messire Hugues de Brienne, son fondateur, et assez disposé à continuer les traditions de l'ère féodale. Guy de Nesle bâtit la forteresse de Hiéraki en Laconie. Mais en vain les Latins couvriifent la Morée de donjons et fortifièrent Mistra. Les Hellènes, qui tenaient autant à leur indépendance religieuse* qu'à leur nationalité, ne voulaient ni du Pape ni de ses chevaliers. Malheureusement après s'être délivrés des oppresseurs venus de l'Occident, ils ne surent pas s'entendre avec les autres chrétiens de la péninsule orientale , ni renoncer aux discordes qui devaient les livrer aux barbares de l'Asie. Mlistra tombait aux mains'des Turcs en

1460, sept ans après la prise de Constantinople y cinq ans après la reddition d'Athènes.

Occupée deux fois par les Vénitiens (1473 et 1689), Mistra avait 20,000 habitants au commencement de la guerre de l'indépendance. Abandonnée alors par les Ottomans, elle fut, à l'exception du château, reprise par Ibrahim- Pacha, qui la ruina. On commençait à la rebâtir, lorsque les souvenirs que rappelait le nom de Sparte firent avec raison abandonner ces travaux.

Le gouvernement ordonna que Sparte serait reconstruite, ordre qui fut exécuté de 1838 à 1840 , qu'elle deviendrait la seconde ville du royaume et le chef-lieu de la nomarchie de Laconie. La nouvelle Sparte a été bâtie, d'après un plan régulier, sur la plus méridionale des éminences de la plaine de Mistra. La rue principale est large et on y voit quelques jolies constructions. L'église occupe le centre de 400 maisons assez hautes, aux toits de briques, qui descendent des deux côtés de la colline dans la vallée. Une belle magnanerie est la plus grande curiosité qu'offre cette cité renaissante.

J'arrivai vers le soir à Sparte, où je descendis

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