PARTIE II. — LIVRE III
mort atroce , flottera un jour le drapeau de Tindépendance lorsque la Grèce reprendra sa place parmi les nations.
L'humeur obséquieuse de certaines femmes grecques et la position modeste qu'elles occupent généralement au foyer domestique , trompe l'Occident sur la position que leur fait la législation. On ne peut pas se figurer que des personnes si humbles jouissent de quelques droits. Mais les dehors font aisément illusion. Dans les pays de l'Occident les plus fiers de leurs idées libérales , et où les femmes ont. toutes les apparences d'une indépendance exceptionnelle, la loi les traite comme des êtres inférieurs*. J'ai vu en Suisse des veu.^es *^^s-respectables ayant des « tuteurs » qui, sans Is^^^oindre gêne, les regardaient comme de véritables mineures. Les républicains des États-Unis ne se sont pas montrés moins jaloux des droits du sexe fort. La France , quoique plus dégagée depuis 1789 de ces habitudes gothiques, n'accorde pas ordinairement* à l'épouse ce que
* Voy. riotéressant ouvrage du docteur en droit C. Gabba. Délia condhione giuridica délie donne nelle kgislaûonifrancese^ etc. M^an 1861, et Legouvé, Histoire morale des femmes. Paris
' Â moins qu'on ne soit marié sous le régime dotal , le plus
la Russie ne lui refuse pas , — l'administration de ses biens. « Les femmes , dit le savant professeur de législation comparée au Collège de France , sont considérées par les lois du moyen âge comme de condition inférieure aux hommes. C'est là un fait qui subsiste encore parmi nous *. > Pour remonter aux origines de ce fait , extraordinaire dans une société chrétienne^ il faut se rappeler que la civilisation aryenne ou indo-européenne a commencé par une théocratie despotique, excessivement hostile aux droits des faibles, aux droits des enfants, des femmes et des esclaves, et qui a laissé sur les peuples de l'Europe une empreinte partout visible. Quoique les Hellènes se soient les premier?! «o/>5rès rebelles au joug de l'absolutisme théo^ **atique , ils restèrent en plus d'un point fidèles aux iniques et brutales traditions de l'Asie : « Dans la succession athénienne, dit un docte jurisconsulte grec, la préférence des mâles sur les femmes était constante". » Cependant les frères et les ne-
éqiiitable (voy. Code Napoléon , livre HI , titre V, et Seriziat , Traité du régime dotal).
* Laboulaye , Recherches sur la condition civile et politique des femmes, depuis les Romains jusqu'à nos jours. Paris 1843.
■ Essai historique sur les divers ordres de succession ab in-