‹ Excursions en Roumélie et en Morée (volume 2)Chapitre 272 sur 284 · PARTIE II. — LIVRE III · texte numérisé non relu

PARTIE II. — LIVRE III

veux étaient obligés de doter les filles, si le père ne l'avait déjà fait, obligation qui a laissé des traces dans les mœurs helléniques.

Le christianisme ayant proclamé qu'en Jésus- Christ il n'y avait «ni homme ni femme,» devait amener des modifications profondes dans la législation. La Grèce eut la gloire d'établir un système de succession aussi conforme à la raison qu'aux principes évangéliques . Le slave Uprauda , devenu empereur d'Orient sous le nom de Justinien , deux ans après la publication de son code, en Fan 543 de Jésus-Christ, promulgua la fameuse Novelle CXVIIIe, par laquelle il abolissait, en^iibtière d'héritage, toute espèce de différence é^ntre les hommes et les femmes, entre les parents parles mâles et les parents par les femmes*. Le caractère rationnel et profondément chrétien de cette loi n'a pas encore décidé toute l'Europe à l'adopter. En Angleterre, le droit d'aînesse ne permet pas de l'appliquer ; en Russie , les filles , sans être exclues de la succession , n'ont droit qu'à une part minime.

testât, par le docteur en droit D. E. Mavrocordatos. Paris 1847, imprimerie Schneider.

* Agnati et cognati.

Les lois de Justinien continuèrent , jusqu'à la guerre de Tindépendance, de régir les Hellènes, les Turcs n'ayant point cru possible de soumettre les chrétiens vaincus à la législation musulmane. Depuis le commencement du dix-huitième siècle, le résumé du droit byzantin , rédigé par Constantin Harménopoulos (né vers 1320) , fut employé comme code*. Les coutumes locales servaient aux juges à compléter et même à rectifier Harménopoulos. Le gouvernement a fait réunir ces coutumes % qui conserveront leur autorité aussi bien que le manuel du nomophylax de Gonstantinople jusqu'à la promulgation du code civil.

Personne ne songe en Grèce c» société essentiellement démocratique , à contester le droit de succession accordé aux femmes par Justinien. Les coutumes locales tendaient plutôt à l'élargir qu'à le restreindre. Ainsi il existait une obligation morale pour le frère de doter sa sœur, et

* Composé de six livres, on le nommait VExàvivlos, Voy. D. E. Mavrocordatos , Harménopule et son manuel de droit civil. Paris, imprimerie Hennuyer, extrait de la Revue de législation, février 1846.

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