‹ Excursions en Roumélie et en Morée (volume 2)Chapitre 276 sur 284 · PARTIE II. — LIVRE III · texte numérisé non relu

PARTIE II. — LIVRE III

civile des femmes en Grèce , je crois pouvoir affirmer qu'elle n'est pas inférieure à celle qu'elles ont dans les pays les plus éclairés de l'Occident. Sans doute , le régime dotal n'existe pas encore et l'administration de leur dot est trop complètement livrée à leurs maris , abandon qui les maintient de fait dans une infériorité très-grande au foyer domestique et qui explique plus d'un acte de servilité. C'est en vain qu'on dirait avec un philosophe républicain * que l'homme représente la raison. La raison n'a pas de sexe , et l'intelligence du sexe fort brille surtout par l'ignorance du beau. Un système d'instruction mieux entendu produirait de grands changements. Mais chez les femmes grecques, l'instruction n'est pas encore assez répandue , leur éducation n'est pas assez soignée , ni surtout assez pratique pour qu'elles puissent coniquérir du premier coup , dans la société , l'influence que l'avenir leur réserVe. Qu'elles travaillent énergiquement à la civilisation de leur pays : la patrie , appréciant leur capacité par leurs services, ne se.montrera pas ingrate, lorsque la Grèce reprendra, comme l'Italie, le rang qui lui appartient

^ L'auteur de la Liberté y M. J. Simon.

parmi les nations. Les progrès qui se sont accomplis en Laconie donnent les meilleures espérances pour l'avenir. Sparte possède une école de filles, une école hellénique et une école communale. La campagne est très-bien cultivée. Elle produit beaucoup d'huile et de la soie d'excellente qualité.

Je quittai Sparte le 21 juillet, à onze heures du matin. Je remarquai le long du chemin beaucoup d'arbousiers dont les fruits ressemblent à des fraises d'une couleur orangée et mûrissent en automne. A deux heures, je fis halte auprès d'une fontaine , à deux kilomètres de l'ancienne Sellasie, à côté de la station militaire de Vourlia' sur le mont Tornax, dont le sommet est indiqué par une vieille église dédiée à l'empereur Constantin, que l'Occident a expulsé du paradis*, l/idéal de la sainteté change évidf^mment avec l'esprit du temps. Dante accablé c^'anathèmes le fils de sainte Hélène, parce qu'il lui reproche — les papes avaient hardiment propagé l'histoire d'une prétendue donation — d'avoir donné aux patriarches de Rome des biens et un pouvoir qui ont été si funestes à l'Italie.

* Voy. VAmico délia Casa. Turin 1862.

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