‹ Excursions en Roumélie et en Morée (volume 2)Chapitre 277 sur 284 · PARTIE II. — LIVRE III · texte numérisé non relu

PARTIE II. — LIVRE III

Assise à Tombre de grands peupliers^ je fis honneur aux abondantes provisions de W^^ Korfiotakis , auxquelles elle avait ajouté d'excellent vin de raisin de Corinthe. Les agoghiates et les chorophylaques travaillèrent volontiers à diminuer par leur appétit le fardeau de leurs montures. Le festin fut complété par une mamaliga (bouillie de maïs) improvisée. Vers quatre heures on remonta à cheval , et je poursuivis ma route sur les rives charmantes de TŒnus, dont les bords sont couverts d'énormes platanes qui étendent leurs rameaux sur ses ondes. Je laissai ensuite à gauche le mont Olympe et j'entrai dans la Cariatide. Ce sont les filles de Caryae qui après la victoire des Spartiates , ont , captives et enchaînées, servi de modèle aux colonnes en forme humaine qu'on nomme cariatides. Le village d'Arakhova est situé à une faible distance de l'ancienne Caryae. J'y arrivai à neuf heures du soir. De là on voit la montagne Skotitas, sur laquelle était situé le temple de Jupiter Skotitas, dont les restes subsistent encore. Arakhova formait, il y a quelques années, une commune séparée. Maintenant trois communes réunies à ce village n'en font qu'une qui porte le nom

d'Œnus. Ce fait n'est pas isolé. On tend maintenant à diminuer le nombre des communes. Les partisans de la centralisation disent que plus un centre administratif est restreint, plus les hommes, malheureusement acharnés à se nuire, exercent « la guerre de tous contre tous. » La difficulté de trouver dans une petite commune un démarque (maire) assez intelligent et assez énergique pour imposer le frein delà loi aux passions haineuses, ajoute à la crainte que doivent occasionner les rivalités et les querelles villageoises. Ces considérations spécieuses ont porté à diminuer en Grèce le nombre des communes. D'un autre côté , ceux qui sont opposés à la centralisation prétendent qu'il résulte de graves inconvénients de la fusion de plusieurs villages en une seule commune. Le village principal emploie à son profit les revenus des autres. Les paysans des villages secondaires cessent de s'intéresser au régime municipal dès qu'il n'est plus le gouvernement du village par lui-même, mais une organisation factice , faite d'après les idées de la bureaucratie moderne. Or le régime municipal est partout la base solide des institutions libres ; là où il n'est pas depuis longtemps en vigueur.

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