‹ Excursions en Roumélie et en Morée (volume 2)Chapitre 279 sur 284 · PARTIE If. — LIVRE HT · texte numérisé non relu

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miration de l'historien et qui donne la meilleure idée de l'aptitude des Hellènes aux institutions vraiment libérales. A son point de départ, la. commune était désarmée, pauvre et illettrée. Le démogéronté était à la merci des caprices souvent sanguinaires du voïvode, 11 ne pouvait compter sur l'appui de l'Occident qui , avant la Réforme prêchée par Zwingli et par Luther, ne voyait dans les Hellènes que des «schismatiques)^ aussi odieux que les Turcs. Il était pourtant obligé de répondre à la fois et de la tranquillité de la commune et de l'impôt. Dépouillée déjà par l'absolutisme des empereurs byzantins, ruinée par les vainqueurs, la commune remboursait péniblement à son chef l'avance de l'impôt ordinaire et extraordinaire. Les savants , qui auraient pu lui servir d'avocats, étaient partis à l'étranger, et il ne restait dans son sein que des ignorants. Mais partout où la race aryenne est en contact avec la race finno-mongole , celle-ci , même lorsqu'elle a pour elle la force, a bien des chances de perdre ses avantages. Les municipalités ne tardèrent pas à trouver les côtés faibles des fonctionnaires plus ou moins incapables dont elles relevaient. L'Ol-

toman, grossier, paresseux et sensuel, dut souvent reconnaître la supériorité intellectuelle du rata et servir ses desseins en ayant l'air de lui donner des ordres. C'est ainsi que fut formé un État dans TÉtat, et que l'Europe se prépara à reprendre sa revanche sur l'Asie.

Lorsqu'une partie de la Grèce eut fini, à force de persévérance , par reconquérir son indépendance, on songea à donner aux municipalités une organisation en harmonie avec la nouvelle situation des choses. La loi du 27 décembre 4833, complétée par les lois supplémentaires du 9 janvier et du 31 mars 1835, organisa le régime municipal.

Le suffrage universel est la source des pouvoirs qui gouvernent la commune. Tous les membres qui la composent , dès qu'ils ont atteint l'âge de vingt-cinq ans , jouissent du droit électoral, à moins qu'ils n'aient été interdits ou qu'ils n'aient subi une condamnation. Comme partout, les femmes sont exclues des élections, sans qu'elles m'en aient semblé la moins du monde attristées. Les moines sont peut-être moins philosophes. La loi hellénique, toujours très-prudente quand il s'agit de défendre le pays contre

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