PARTIE, II. — LIVRE III
mûriers, n'est guère fréquenté que par les Orientaux qiii sont en Grèce. Le dimarque, qui me donna une hospitalité cordiale, avait vu à Arakhova des Anglaises et même des Françaises, mais jamais aucune voyageuse instruite apparte* nant à notre Église.
Le lendemain, je fis une halte à une source sur le bord de la rivière Charadrus , puis je longeai le Sarandopotamos , non loin des sources de l'Alphée. Le voisinage de ces sources a porté Pausanias à confondre le Sarandopotamos avec TAlphée : «L'Alphée, dit-il, forme la limite entre le pays des Laconiens et celui de Tégée ; il nait à Phylacé , et à peu de distance il reçoit les eaux d'un grand nombre de fontaines. î> De ce «grand nombre de fontaines >, vient probablement le nom de Saranda-potamos qu'on donne au cours d'eau qui prend naissance à Phylacé. Dans son trajet à travers les montagnes , il déchire impétueusement leurs flancs et roule dans ses eaux une quantité de roches admirables, puis il va se perdre au pied du mont Parthénios, au fond d'un goufire ou katavothron^ pour reparaître à Lerne et s'y jeter dans la mer, si l'on en croit les gens de la contrée.
Je rentrai en Arcadie par celte belle plaine de Tégée, où tout respire un air d'aisance, et où les villages se pressent à côté les uns des autres. Dans un de ces villages , Haghios Sostis , on venait de trouver un champ couvert à plusieurs décimètres de profondeur de statuettes en terre cuite dont beauooup étaient entières. Il y en avait de grandeur naturelle. On doit peut-être voir là remplacement d'une fabrique. Newton, qui a décrit le mausolée d'Halicarnasse, pense que les grands temples devaient avoir des dépôts où l'on accumulait les statues, lorsque leur nombre devenait trop considérable et qu'elles étaient remplacées par de nouveaux ex-voto.
J'arrivai à cinq heures à Piali, village situé à un quart de lieue au sud de l'ancienne Tégée. En sortant de Piali , on rencontre quelques beaux restes du temple d' Athéné- Aléa , divinité locale, protectrice de Tégée, qu'il ne faut pas mettre sur la même ligne que la grande déesse du panthéon hellénique adorée sur l'acropole. Pausanias dit que ce temple, œuvre de Scopas de Paros, était le plus beau et le plus grand du Péloponèse. En effet, on peut encore admirer quelques débris de l'entablement et quelques