‹ Excursions en Roumélie et en Morée (volume 2)Chapitre 38 sur 284 · PARTIE I. — LIVRE I · texte numérisé non relu

PARTIE I. — LIVRE I

les ruines d'une église, et un peu plus loin, à gauche, le soubassement du temple d'Athéné- Alalcomène, Athéné primitive que les légendes athéniennes ne font nullement vierge , mais donnent pour mère au blond Apollon. Lorsqu'on franchit leCouralius, qui se décharge dans le Phalarus, on laisse, à gauche, les ruines de Goronée , ville célèbre par la victoire qu'Agésilas y remporta sur les Thébains et où Ton remarque les ruines d'un théâtre et d'un temple de Héra.

Le mont Pétra a aussi donné son nom à une bataille , la dernière qui ait été livrée aux Turcs dans la guerre de l'indépendance. Là pimitri Hypsilantis vit fuir en 1829 ces Ottomans contre lesquels son frère Alexandre avait commencé les hostilités en 1821. La Providence devait ce succès à une famille à laquelle l'Autriche avait fait subir de si cruelles épreuves.

On sait quelle fut l'issue de la tentative d'Alexandre Hypsilantis dans les principautés. Lorsqu'elle eut échoué, Hypsilantis se réfugia en Autriche où, considéré comme carbonaro^ il reçut la même hospitalité que Lafayette. Après avoir raconté lui-même dans une lettre les premières années de sa captivité , il continue de cette façon :

« Moralement et physiquement tourmenté nuit et jour, ma santé déclinant visiblement , je demandai , d'après l'attestation des médecins , d'aller aux eaux de Tœplitz ou de Marienbad ; on ne me permit, vers la fin de l'été, que les eaux de Pictzan, en Hongrie, qui me firent plus de mal que de bien, comme cela s'est montré après mon retour à Thérésienstadt, où je souffris cruellement tout l'hiver passé, pendant lequel des ordres nouveaux et je ne sais quels soupçons firent redoubler de rigueur; ce qui rendit insupportable notre existence, déjà pleine dé dégoûts et de contrariétés.

«Enfin je fus aux portes du tombeau. Revenu à la vie, je retrouvai toute ma misère, et mourant presque, malgré de bienveillantes intercessions, je ne pus obtenir un changement d'air si nécessaire à ma convalescence... J'ai vidéla coupe des douleurs... Je meurs assassiné, pour ainsi dire , par l'Autriche. » Hypsilantis était victime de l'esprit de trahison qui , dans le même pays , causa la mort de Rhigas-le-Libérateur.

' Quelques écrivains, méconnaissant le véri-

[ table caractère des faits, ont voulu attribuer

uniquement à l'intervention étrangère les heu-

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