‹ Excursions en Roumélie et en Morée (volume 2)Chapitre 39 sur 284 · PARTIE I. — LIVRE l · texte numérisé non relu

PARTIE I. — LIVRE l

reux résultats de la révolution grecque. Constatons d'abord que si la Grèce a fini par trouver des amis parmi les puissances, ses ennemis n'ont jamais changé de dispositions : les articles que les journaux autrichiens et bavarois continuent de diriger contre la nationalité hellénique le prouvent assez clairement! En outre, on feint d'oublier que presque tous les peuples ont eu besoin d'une intervention pour conquérir ou pour conserver tantôt leur indépendance, tantôt leurs libertés. Germains, Anglo-Saxons , Latins ne l'ont pas plus dédaignée que les Hellènes. M. Michelet a montré dans Louis XIV et la révocation de VÉdit de Nantes que les protestants français bannis par le fils d'Anne d'Autriche ont été , au dix-seplième siècle, le plus ferme rempart de l'intrépide Hollande. Assurément la race anglo-saxonne ne peut pas être accusée de manquer d'énergie. Cependant lorsque les Anglais gémissaient sous le sceptre de Jacques II, le roi des Jésuites, n'ontils pas invoqué le secours de Guillaume III et de ses Hollandais , soutenus par les calvinistes expulsés de France? La révolution de l'Amérique du nord aurait-elle jamais triomphé sans la bienveillance de la France , sans le marquis de La-

fayette, sans le comte de Rochambeau, sans les troupes envoyées par Louis XVI ? Malgré son exaltation patriotique, FAllemagne de 4>J43 n'a pas cru devoir mépriser le concours de la Russie, qui écrasa Vandamme à Culm , et ce ne sont pas seulement les légions germaniques qui, à la « bataille des nations » (Vœlkerschlacht), ont porté un coup mortel à la fortune de Napoléon. On sait tout ce que l'Espagne et le Portugal ont dû au concours actif des Français et des Anglais, quand ces deux États ont voulu se débarrasser de don Carlos et de dom Miguel, représentants du bigotisme absolutiste. Malgré l'héroïque dévouement de tant de martyrs égorgés par ses maîtres ou morts de misère dans les cachots*, malgré les luttes glorieuses de 1848 et de 1849, l'Italie n'était-elle pas encore esclave , quand ses fers ont volé en éclats sous les coups du canon de Magenta et de Solferino? Cependant ces pays étaient dans des circonstances beaucoup plus favorables que la Grèce. L'Angleterre , presque entièrement protestante, n'avait, semblait-il, qu'à faire un signe de sa main puissante pour se défaire des

* Voir l'impartial ouvrage de S. de Lafarina, Histoire d* Italie de 4846 à 4830,

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