PARTIE I. — LIVRE I
mains et parmi les pies. Et y avait de grands dragons toulz ardents que se sevient sur eulx et leur fichoîent les dentz tous ardentz dedans la chair, et sembloient qui les voulussent mangier. . . Ailleurs on voyait encore des damnés mordus par des serpents. »
La route qui conduisait de Lébadée à Tantre était garnie de temples et de statues. C'est aujourd'hui une longue rue remplie de boutiques. Il ne reste aucune trace du temple , bâti au milieu d'un bois sacré , où le célèbre Praxitèle avait représenté le dieu sous les traits d'Asclépios (Esculape), parce qu'on le confondait avec les divinités médicales. Un peu au-dessus du bois, on trouvait l'antre entouré d'un mur de marbre surmonté d'une balustrade de bronze. On y des-
cendait à l'aide d'une échelle étroite, droite et légère jusque dans un trou où une force pareille à un tourbillon emportait le patient. Le rocher imposant, taillé à pic par la nature, vis-à-vis d'un autre rocher, d'où l'Hercyna^ alimentée par deux sources, l'une chaude et sulfureuse, l'autre froide et limpide, tombe en cascades bruyantes, avait probablement deux grottes. La première était au haut du rocher. Dans la se-
conde, qui était au pied, on avait adapté un système d'architecture ; car on remarque encore des trous destinés à soutenir des poutres. Quelques-unes des nombreuses niches creusées dans le roc renfermaient certainement des statues. L'ouverture inférieure de l'antre est maintenant obstruée en partie par des moellons, le gravier et la terre. A côté est une fontaine, vraisemblablement la source qui portait le nom de Mnémosyne et dont je goûtai l'eau fraîche et pure. La source nommée Léthé est tarie.
Je venais de voir à Pétra le dernier champ de bataille des Turcs ; à Chéronée je visitai la petite plaine où la Grèce républicaine livra aux Macédoniens son combat suprême. Avant d'arriver à Chéronée, on voit les traces du fameux polyandrium (cimetière) où furent enterrés les Thébains du bataillon sacré.
Thèbes ayant succédé momentanément à Athènes et à Lacédémone dans la direction des affaires helléniques, voulut étendre son influence jusqu'en Macédoine, pays primitivement pélasgique, où l'Héraclide Caranus, à la tête d'une colonie, avait porté la civilisation de la Grèce. Des discordes domestiques, interrompues parfois par