PARTIE I. — LIVRE I
Du reste , je comprends que la monarchie constitutionnelle inspire partout aux moines de si sérieuses inquiétudes que, si Ton en croit des observateurs exercés , le régime parlementaire est beaucoup plus odieux au monachisme que la République même. Ils disent que la restauration des couvents d'hommes date , en France , de la République de 1848. Ils prétendent que les ordres religieux préféreraient les gouvernements I de Fribourg, d'Uri , de Mexico , de Lima etc. , à celui d'un Guillaume I^r^, d'un Louis-Philippe, ou d'un Victor-Emmanuel. Autant, ajoutent-ils, il est aisé d'agir sur la multitude illettrée et superstitieuse, autant il est difficile de dominer des chambres qui, comme en Angleterre, en Hollande, en Italie, en Belgique, représentent l'élite d'une nation. Quoi qu'il en soit, les religieux de Hosios - Loukas me semblèrent médiocrement favorables au gouvernement constitutionnel, établi par la révolution de 1843. Malheureusement pour eux l'Église orientale n'offre dans ses décrets aucune arme contre ce régime. Elle n'a jamais condamné la liberté de la presse avec les hommes impudents qui la soutiennent ;
* Roi des Pays-Bas en 1830.
maudit ceux qui refusent Tobéissance aveugle, et déclaré que ceux qui n'adhèrent pas simplement et absolument {absoluté) à cette condamnation, cesseraient d'appartenir à l'Église! Elle n'a jamais, en un mot, professé les doctrines contenues dans l'encyclique de Grégoire XVI acceptée comme dogme par tous les évêques. Cette encyclique proscrit d'abord la liberté de conscience: « De cette source infecte de l'indififérentisme découle cette maxime absurde , ou plutôt CE DÉLIRE , qu'il faut assurer et garantir à qui que ce soit la liberté de conscience. » La liberté de la presse n'est pas mieux traitée: «Là se rapporte cette liberté funeste,
ET DONT ON NE PEUT AVOIR ASSEZ d'HORREUR , la
liberté de la librairie. » Le pape prouve qu'elle a été condamnée par Léon X et par V infaillible concile œcuménique de Trente. Clément XIII n'a-t-il pas dît : «Il faut combattre avec force et tâcher d'exterminer cette peste mortelle; car jamais on ne retranchera la matière de l'erreur qu'en livrant aux flammes les coupables éléments du mal?» Du reste, Grégoire XVI ne pouvait pas changer la doctrine des conciles antérieurs , spécialement le troisième canon du quatrième con-