PARTIE I. — LIVRE I. i
Haghion-Oros. Cet album contient la copie de fresques du catholicon (église principale) de Kariès , de Haghia-Lavra et du Pantocrator* Le calme divin qui règne dans ces admirables compositions n'ôte rien à Fénergie de l'expression et à la variété des types. Sans doute les artistes ont été enchaînés par la tradition , en représentant les grands personnages du drame évangélique , tels que le Christ et la Panaghia , et le guide de la peinture du moine Denys prouve quel était le poids de ces entraves. Mais ils reprenaient leur liberté dans la reproduction de ceux qui avaient moins d'importance, comme Madeleine et la Samaritaine, ou quand il fallait peindre les héros des légendes, tels que saint George ou saint Dimitri. Les beaux jours de l'art byzantin sont malheureusement passés au Mont- Athos. Les ateliers de Kariès sont en pleine décadence. On peut même dire que les moines ne sont plus en ^tat d'apprécier les chefs-d'œuvre qu'ils ont encore sous les yeux. Le vandalisme restaurateur leur fait commettre journellement, comme au clergé de l'Occident, des actes inouïs. Les fresques du Pantocrator^ attribuées au Fra- Angelico de l'Orient , le fameux Manuel Pansé-
linos y personnage à moitié mythique , lesquelles avaient excité l'admiration de Papéty, ont disparu en partie ! Comme les caloyers du Mont- Athos forment une république monastique qui se gouverne elle-même, leur manie de restauration aurait pu produire bien d'autres malheurs si la question encore indécise des couvents dédiés de la Roumanie* leur permettait d'entreprendre de grands travaux qui anéantiraient avant qu'on les connût en Occident les chefsd'œuvre dont s'honore avec raison l'Eglise hellénique.
Il est à regretter que les moines de Hosios- Loukas aient cédé à la manie barbare qui domine leurs confrères du Mont-Athos. A côté de leur église principale (catholicon) y se trouve une ravissante petite église dédiée au Sommeil delà Mère de Dieu (KoCfAvidiç ttjç ©eotoxou), — la mort de la Panaghia est assimilée au sommeil. Les fresques de cette église, où j'entrai au lever du soleil, avaient une telle réputation , qu'un peintre distingué , M. Monighetti , avait été envoyé de Russie
* Cette question n'a pas fait un pas depuis que je Tai exposée dans la deuxième édition de la Vie nwnastique dans l'Église orientale.