PARTIE l. — LIVRE T
pour en prendre copie. Celles qu'il a reproduites sont si remarquables, que toute personne ayant le moindre sentiment artistique s'attristera profondément en contemplant trois figures secondaires qui restent seules de cet admirable musée de l'art byzantin. On doit, pour se consoler un peu, examiner avec attention la coupole du catlwlicon, qui est d'un style pur et élégant. Elle est soutenue par quatre colonnes, qui portent un gorgerin byzantin gracieux et dont les fûts reposent sur des bases antiques. Audessus des arcades court un bel ornement en relief. Le parvis , dont une partie a été conservée , est composé d'une charmante mosaïque de marbre formant des carrés séparés par des bandes de plusieurs couleurs dont on admire la variété et le caractère. Dails la sacristie on a entassé les débris de l'iconostase en marbre sculpté. Ces débris sont dignes d'un examen particulier comme types d'ornementation byzantine. Ce n'est qu'en visitant les pays helléniques qu'on peut avoir une idée précise de cet art; car ce qui se nomme souvent art byzantin en Occident est la plupart du temps un système mixte, plus italien que grec. La collection des
vêtements sacerdotaux et des vases sacrés a peu d'importance , tout ayant péri , avec la bibliothèque , dans la guerre de l'indépendance.
Autour du catholicon il y a , comme dans les autres couvents helléniques , une cour entourée par quatre corps de bâtiments formant un carré. Quelquefois ces bâtiments présentent deux , trois et quatre étages d'habitations flanquées d'un corridor en bois ouvert du côté de la cour. Mais à Hosios-Loukas on ne s'est nullement préoccupé de la symétrie. On a entassé de nouvelles pièces sur d'anciennes constructions. Cet arrangement n'est ni commode ni solide ; mais il produit un effet pittoresque.
Je laissai les moines de Hosios-Loukas assez peu satisfaits du présent et inquiets de l'avenir ; car les Hellènes de la Grè(?fe indépendante ne montrent évidemment aucun zèle pour les couvents.
« Et les Roumains, qu'en dire? murmura un des vieux moines pendant que je causais avec lui dans la cour devant la porte de l'église , en attendant les chevaux. Du temps des Ghika , nous recevions de l'argent. Ces princes, ajouta le caloyer avec un accent mélancolique, étaient pieux et généreux ! »