‹ Excursions en Roumélie et en Morée (volume 2)Chapitre 72 sur 284 · PARTIE I. — LIVRE I · texte numérisé non relu

PARTIE I. — LIVRE I

rendus immortels?» Ce sont les expressions de M. Beulé. Après avoir cité des noms tels que ceux de MM. Maury, Robert et Beulé, auxquels il faudrait joindre ceux de MM. Yillemain, Saint- Marc-Girardin , Ampère, Lévêque, professeurs à la Sorbonne du au Collège de France , on s'explique comment les idées que s'efforçait de propager Fallmerayer , ne trouvent aucun écho aux bords de la Seine. Ce pédant colérique et vaniteux, attaqué d'une monoraanie trop fréquente dans san pays, où l'on confond parfois les paradoxes avec les découvertes, croyait son nom destiné à l'immortalité*, parce qu'il avait «découvert» qu'il n'existe plus de Grecs! Animé d'un zèle beaucoup plus facile à comprendre chez un panslaviste q]^e chez un Teuton il brûlait d'ajouter un nouveau peuple aux innombrables multitudes d'origine slave établies dans l'Europe orientale. On aurait pu croire qu'il aurait voulu slaviser l'univers. Les Russes intelligents sont loin d'admirer un si beau zèle; car ils n'ignorent pas que ces armes flexibles, peuvent, à un signal

* Il est mort tellement oublié qu'un seul jouf nal de Paris a mentionné son décès dans une sèche énumération de morts obscurs.

donné, se retourner contre ceux qui auraient rimprudence de s'en servir. N*a-t-on pas vu dans un recueil serai-officiel, la Revue contemporaine y un écrivain contester au peuple russe la qualité de slave, et, dans son zèle pour «la Pologne catholique et conservatrice , » reléguer dédaigneusement ses vainqueurs parmi «les Ouraliens?» Le «chant du cygne» de Fallmerayer a été une interminable dissertation contre les Hellènes remplie d'inconvenantes personnalités, d'insipides divagations et de ces lourdes facéties que la naïveté de quelques-uns de ses lecteurs prenait peut-être pour des traits d'esprit. Mais la prudence l'emportant sur l'orgueil , il s'abstint de signer d'aussi étranges élucubrations, façon d'agir qui trouvera toujours des imitateurs chez les tristes personnages intéressés à diffamer les peuples, les familles ou les individus. Ce n'est pas ainsi que s'est conduit M. le professeur G. G. Pappadopoulos quand, dans le Siècle d'Athènes (nos I9i4.^ 4915^ 1917), il a répondu avec tant de noblesse et de convenance au pamphlétaire tyrolien. Déjà d'autres savants de la Grèce, parmi lesquels on doit citer MM. Levkias et Paparrhigopoulos, avaient montré sur quelles bases

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