‹ Excursions en Roumélie et en Morée (volume 2)Chapitre 79 sur 284 · PARTIE r. — LIVRE I · texte numérisé non relu

PARTIE r. — LIVRE I

orientale. Les Pichegru et les Moreau — pour ne citer que quelques noms — n'ont-ils pas renoncé à toutes leurs convictions et à tous leurs devoirs pour satisfaire leur rancune contre Napoléon? En contemplant à Dresde le monument qui indique la place où le général de Hohenlinden a été frappé dans les rangs des alliés , je ra'étonnars d'entendre si souvent reprocher aux Orientaux , comme à une race infectée de vices exceptionnels, des actes qui abondent dans l'histoire contemporaine des États de l'Occident.

Le lendemain , à neuf heures , je quittai Arakhova pour prendre la voie sacrée qui conduisait au célèbre hiércm de Delphes. Ce n'est pas sans regret que je me séparai d'Assimo. Comme si elle eût partagé mon sentiment , elle m'apporta encore, quand j'étais déjà à cheval, un bouquet de basilic en me demandant de ne pas l'oublier. Tous les Arakhovites étaient sur le seuil de leurs maisons pour me voir partir. Je pus donc examiner à mon aise la coiffure de quelques femmes, qui portaient un ^ess rouge élevé, entouré de bandes de barége brodé d'or. Avant de quitter la ville ^ je me dirigeai vers la terrasse sur laquelle est bâtie l'église, spacieuse , richement ornée et

couverte de fresqueséclatantes ; elle est dédiée à saint George. Cette terrasse vit les derniers épisodes de la bataille d'Ârakbova gagnée par le roumélioteKaraïskakis. A l'entrée de la terrasse, remplie de petits tombeaux en tuile, on admire de superbes yeuses aux troncs énormes et élevés. Les murs qui forment Texceinte empêchent de jouir de la vue, qui est admirable. On aperçoit au-dessous de soi les toits rouges de la ville , couverts de pierres énormes comme les chalets des Alpes. A droite, la vue s'égare sur les montagnes d'Amphise et sur les flots du merveilleux golfe de Corinthe. A gauche se dressent, en arriére , les sommets sacrés du Parnasse.

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