‹ Excursions en Roumélie et en Morée (volume 2)Chapitre 82 sur 284 · PARTIE I. — LIVRE II · texte numérisé non relu

PARTIE I. — LIVRE II

hiver long et même rigoureux , tandis que FAttique brave la mauvaise saison. En été si Ton ne trouve plus que des restes de neige sur les sommets du Parnasse, on y jouit rarement de Tatmosphère transparente de TAttique : « Qui a vu Liakoura sans voile?!» dit Byron. Mais les nuées avaient été balayées par les vents, le jour où je gravissais les pentes du mont superbe dont les tirades de Boileau prétendaient éloigner tout

«téméraire auteur. > Le blanc Pégase deThèbes qui me portait avait heureusement satisfait son

humeur rétive dans les gorges de Hosios-Loukas. En arrivant à Delphes , l'imagination remplie de toutes les réminiscences classiques, oh éprouve d'abord quelque surprise. L'emplacement semble tellement resserré qu'on a peine à y mettre une cité aussi importante que l'ancienne Delphes. Les rochers du mont Kirphis et du Parnasse à la double cime, — double cime qui n'est pas comme pourraient le faire croire certains poètes le point culminant du Parnasse — ceignent une petite vallée profonde et circulaire qui semble séparée du reste de la Phocide. On s'étonne de n'apercevoir aucun débris imposant d'un des plus fameux sanctuaires du

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polythéisme. Avant d'entrer à Delphes, on est même plus occupé du christianisme victorieux que de la religion qu'il a détruite. Tout près du temple d' Athéné-Prdnœa , consacré à la déessevierge dont le culte était, à Delphes, ainsi que celui de Latone et de Diane mère et sœur d'Apollon, associé à l'adoration du dieu, est le couvent du «Sommeil de la mère de Dieu.» L'austère Panaghia des Hellènes, si différente des madones italiennes ,. n'a-t-elle pas conservé plusieurs traits de cette Pallas qui , au milieu des divinités de TOlympe, faisait pressentir l'apothéose de la virginité? A Delphes, il semblerait que le cycle dçs révolutions qui ont mis sur le trône des Olympiens le Christ, sa mère et ses apôtres, est définitivement accompli. Tout paraît en ruines, et quand on parcourt le triste monastère du < Sommeil de la Panaghia y> on se demande involontairement si le christianisme n'a pas été, lui aussi, remplacé par quelque nouvelle religion. Ce n'est pas la religion de l'Évangile qui se meurt, mais les systèmes qui avaient trouvé moyen de se confondre avec elle. Aussi l'auteur russe d^ Raskol, écrivain essentiellement conservateur , est-il obligé de conye-

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