PARTIE I. — LIVRE II
siècles, qui fortifiait constamment ces tendances. On peut appliquer à l'ancienne population hellénique ce que l'auteur du Climat de V Italie, le docteur Ed. Carrière, a dît des Romains : « Le bain à la manière antique avait un but de réparation, de tonicité. L'instinct, d'accord avec la médecine du temps , avait compris qu'il fallait opposer aux conditions énervantes du climat une influence antagoniste; la race dut assurément y gagner.... Les révolutions commencèrent, et avec elles l'œuvre de destruction.... Les bains disparurent dans les coutumes , moins par une sorte de changement dans les idées scientifiques qu'à cause de la réaction qui se produisit contre les pratiques.... repoussées par la nouvelle religion. Jamais guerre n'eut un succès plus complet sur le territoire tout entier de la péninsule.... Si l'état physique et le génie de la race ont été. si différents dans les diverses périodes , c'est parce que tantôt ils étaient soumis à des influences qui combattaient ou parvenaient même à neutraliser celle des lieux , et que tantôt , ces influences n'existant pas , le climat pouvait agir avec toute sa puissance. i> Chez les Athéniens , l'hygiène allait jusqu'à se
préoccuper de détails qu'on dédaigne maintenant en Orient. Comme ils aimaient beaucoup le vin , et que Solon avait défendu de le boire pur , ils avaient fait des recherches minutieuses sur la quantité d'eau qu'il pouvait supporter sans perdre ses qualités bienfaisantes. Le choix des aliments ne semblait pas indigne d'attention à ce peuple qui a produit tant de merveilles littéraires et artistiques. Fidèles à la loi hygiénique qui prescrit aux omnivores une nourriture variée , ils avaient soin de réunir sur leurs tables la viande, le poisson et les légumes. La viande de boucherie, si médiocre actuellement en Grèce, ne laissait rien à désirer , et les basses-cours , de nos jours très-mal fournies , étaient , à la ville comme à la campagne, remplies de pigeons, de canards, de poulets et d'oies engraissées avec adresse. Dans les faisanderies, on élevait les succulents oiseaux apportés des bords du Phase par les Argonautes. Le gibier se composait de chevreuils de Mélos , de sangliers, de lièvres et de diverses variétés d'oiseaux. La pêche, qui était loin d'être négligée comme aujourd'hui, fournissait les meilleurs poissons de mer et de rivière. Le marché d'Athènes offrait en outre