PARTIE I. — LIVRE II
une quantité de légumes et de fruits de toute espèce, les figues et les olives de TAttique, les pommes de TEubée , les dattes de Phénicie y les coings de Corinthe , les amandes de Naxos , les raisins connus sous le nom de Nicostrate. La culture des potagers, trop oubliée par les Hellènes du dix-neuvième siècle, et l'art de la greffe n'étaient pas portés moins loin que l'habilité des pâtissiers et le talent des boulangers. Ceux-ci vendaient un pain d'un goût exquis et d'une blancheur éblouissante. Les moyens d'utiliser toutes ces ressources avaient été exposés par les « classiques de la table^D par Mithœcus, dans le Cuisinier sicilien; par Numénius d'Héraclée; par Philoxène de Leucade, par Actidès de Chios, par Tyndaricus de Sycione et surtout par Archestrate, auteur d'un poëme publié sous le même titre que celui de Berchoux.
L'importance que les Athéniens attachaient aux soins hygiéniques et au bien-être matériel paraîtra sans doute fort exagérée au faux et prétentieux idéalisme de notre temps. Mais lorsque nous verrons la génération «spiritualistei» qui occupe actuellement en Europe la scène de l'histoire produire des Socrate, des Platon, des Phi-
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dias , des Sophocle , des Périclès , des Thucydide, nous lui permettrons de vanter sa supériorité sur « les matérialistes > d'Athènes ! Quels chefsd'œuvre de l'inspiration idéaliste sortent de ces mornes couvents où s'abritent les hommes plus ou moins illettrés qui prétendent dans notre siècle personnifier la puissance de l'esprit? Sont-ce des moines, sont-ce les admirateurs des idées et des institutions du moyen âge qui ont écrit les plus éclatants manifestes du spiritualisme moderne, le Discours sur la méthode, les Nouveaux essais sur V entendement hummn, les Essais sur les facultés intellectuelles , la Critique de la raison pure? Jamais personne a-t-il été plus exempt des illusions monastiques que les Descartes, les Leibnitz, les Reid et les Kanl?
En sortant du monastère par la petite porte du potager on trouve , en tournant à droite , le soubassement de l'enclos sacré du temple d'Athéné-Pronœa. Sur ce soubassement, entouré d'énormes oliviers, croît un grenadier. Ce sanctuaire, qui n'a plus d'autre parure que les fleurs de pourpre d'un arbuste , était autrefois célèbre dans l'univers, et quand l'opulente Mai'seille,