‹ Excursions en Roumélie et en Morée (volume 2)Chapitre 86 sur 284 · PARTIE I. — LIVRE II · texte numérisé non relu

PARTIE I. — LIVRE II

celle fille de la Grèce* dont j'avais quelques mois auparavant admiré la beauté (mai 1860), voulut remercier la déesse qu'elle honorait d'une manière spéciale, iîes victoires remportées sur les Carthaginois, elle envoya à Athéné-Pronœa , une grande statue de bronze. — Avant de monter au temple d'Apollon , je m'arrêtai , après avoir dépassé le gymnase , à la fontaine Castalie, située à l'entrée de la gorge étroite et profonde qui sépare les roches Phaedriades. Les Muses affectionnaient cette source limpide et ne dédaignaient pas d'en prendre souvent le nom.

La maison de mon hôte était située sur l'emplacement même du hiéron. Cette maison était le type des anciennes maisons helléniques. Il y avait d'abord au rez-de-chaussée une vaste pièce avec un âtre immense. De là on mpntait au premier étage à l'aide d'un escalier de bois terminé par une trappe par où l'on entrait dans une grande chambre au premier étage. Cette chambre était meublée de coffres recouverts de tapis et posés le long des murs , d'un grand lit en fer à côté duquel pendaient, accrochés à la muraille,

* J*ai raconté la fondation de Marseille dans les Femmes en Occident.

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six fusils y des pistolets , des yatagans , une boite ronde en fer-blanc contenant les reliques que le pallicare regarde comme une protection plus sûre que les armes. En face du •lit, s'ouvrait une porte donnant accès sur un très-petit balcon en bois couvert de pots de basilic, d'où l'on apercevait un paysage grandiose fermé par des rochers gigantesques. Le basilic joue un gi*and rôle dans la vie hellénique. A peine étais-je arrivée , que la maîtresse de la maison m'en offrit un rameau en présentant les confitures et le café. Du fameux temple d'Apollon , il ne reste que quelques pans de soubassements couverts d'inscriptions de l'époque romaine. C'est en déchiffrant ces inscriptions que le docte archéologue Ottfried Millier, l'auteur des Donensy a été, comme cette famille de Niobé que j'ai admirée aux IJffizi de Florence, frappé par les traits d'Apollon, c'est-à-dire, pour me servir du langage prosaïque de notre temps , que les rayons brûlants du soleil oriental lui ont donné la fièvre cérébrale dont il est mort. On lui a érigé un monument aux environs d'Athènes ainsi qu'à Charles Lenormant , professeur au Collège de France , qui a, comme lui, été viclime de son zèle pour

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