‹ Excursions en Roumélie et en Morée (volume 2)Chapitre 88 sur 284 · PARTIE I. — LIVRE II · texte numérisé non relu

PARTIE I. — LIVRE II

lumière nouvelle sur Télat des esclaves dans la société hellénique. Elles constatent la douceur et l'humanité dont les Hellènes usaient envers ces esclaves traités par les Romains avec un orgueil impitoyable.

La seconde série prouve que, à l'époque de la dissolution de l'empire d'Alexandre, Delphes était pour les membres de la race hellénique un centre religieux pareil à ce que la Rome du moyen âge fut pour le monde romano-germanique. Des Hellènes d'Asie, d'Afrique, de Tauride, de Sicile, de la Grande-Grèce, de Marseille etc. sont compris parmi les étrangers devenus les proxènes delà ville sacrée. L'usage de décerner ce genre d'honneur s'est maintenu dans la Rome papale, qui accorde encore aujourd'hui le titre de «citoyens romains» à des personnages dévoués aux intérêts de la théocratie. Il semble que les pontifes de Delphes aient eu le même patriotisme que les prêtres de Rome; car on a lu parmi ces inscriptions le nom d'un Romain, Titus Quinctius , probablement celui du général dont la valeur fut fatale à la Grèce, — Titus Quinctius Flaminius, le héros de TAoûs et de Cynocéphale.

Les inscriptions de la troisième série ont trait aux jeux publics, institués à frais communs par les Athéniens et les Étoliens pour célébrer la défaite des Gaulois vaincus par l'intervention du dieu dont ils voulaient piller le temple. On sait que les cités saintes ont toujours eu la prétention d'être sous la garde des puissances célestes, et que la Rome catholique croit aussi que le bras des anges arrêta sur la tête du pape Léon le glaive redouté du roi des Huns.

Sans parler des autres débris d'architecture et de sculpture découverts dans ces fouilles , je me bornerai à mentionner un beau sphinx colossal en marbre, bien différent des sphinx égyptiens. Il a la poitrine et les ailes de l'aigle, le corps du lion, et les tresses de cheveux qui retombent sur le cou et sur les épaules montrent qu'il avait une tête humaine. On reconnaît là le sphinx dont Sophocle nous a donné la description et dont Œdipe devina les énigmes.

Dans les temps primitifs, les Hellènes avaient, ainsi que les Indo-Européens d'Asie, plusieurs divinités solaires. Le soleil dans sa marche régulière était personnifié dans Hélios, le Sourga des Hindous; le soleil dévorant dans Phaéton; le

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