PARTIE I. — LIVRE II
soleil qui purifie l'atmosphère ou qui tue de ses rayons dans Apollon pareil à l'imposant Roudra des Védas , le dieu archer qui lance au loin ses flèches, qui secourt et qui punit, qui guérit et qui frappe. Les Doriens ayant autant de goût pour les dieux célestes que les Ioniens pour les divinités maritimes, Apollon devint le dieu dorien par excellence et sa sœur Artémis (Diane) , divinité lunaire , fut aussi vénérée spécialement chez les populations doriennes. Apollon et Artémis avaient pour mère Léto (Latone), enveloppée dans Hésiode d'un voile de couleur sombre , et dans laquelle il n'est pas difficile de reconnaître une personnification de la nuit, qui semble donner naissance au soleil et à la lune. Tous les traits de la légende d'Apollon expriment l'action du soleil , salutaire aux hommes , mais nuisible aux êtres et aux phénomènes qui compromettent le développement de l'humanité. Sous le nom d'Asclépios , qui est son fils , qui est lui-même, il a, ainsi que Roudra, «mille remèdes pour nos enfants et nos petits-enfants. » En mettant en fuite les tristes animaux amis de la nuit , les rats et les loups , il agit comme protecteur des champs. En dissipant les ténèbres de I **
rintellig€;nce, en lui donnant le don de la prophétie, de riijivention et des vers, il communique au genre humain le <rsouf&e salutaire» dont parlent les adorateurs de Roudra. La lutte contre le serpent attribuée à tous les dieux solaires n'a pas le moins du monde un sens mystique. Dans les Védas , Ahi , le serpent , Vrita , le dragon, sont l'emblème du nuage qui allonge dans le ciel ses sombres replis. «0 Indra, dit le Rig-Véda, tu as donné la mort au violent Ahi^ qui enchaîne les eaux et tu les as précipitées vers la mer.» Antipater le stoïcien avait bien compris que « les exhalaisons de la terre humide qui s'élevaient dans les airs en ondes sinueuses, et qui redescendaient vers les basses régions en se déroulant comme un aerpçnt, et que diminuait et absorbait enfin l'ardeur des rayons divxjis du soleil, avaient donné lieu a la fable du dragon tué par Apollon, j^ Si le serpent est dans le ciel le symbole du nuage,, sur la, terre il représente la rivière qui serpente et qui déborde; il est l'hydre de Fhymne homérique qui «cause des maux innombrables à la foule des humains , :» jusqu'au moment où «le puissant Apollon la frappe d'une flèche lerriblç, » jusqu'au moment