PARTIE I. — LIVRE II
abandonnées, le bétail détruit, les habitations ruinées , le nombre des oliviers greffés s'est immensément accru. Il n'était que de 2,300,000 en 1834, en 1857 il s'élevait à 7,400,000*. On l'évaluait à 8,000,000 en 1858. Aussi l'huile tendelle à devenir un objet important d'échange. L'exportation était de 47,874 dr. en 1852»; de 740,000 en 1858, et de 286,350 en 1859^ La vente pourrait être bien plus considérable. Au lieu de brûler une substance aussi précieuse que l'huile d'olives , ce qui ne se fait nulle part , on pourrait se servir de chandelles de suif ou de résine. Mais l'important serait d'adopter les procédés de récolte et de fabrication employés en France. Le ministre des finances semble le conseiller en insistant sur la négligence des cultivateurs : «L'importation d'une si grande quantité d'huiles prouve la mauvaise récolte de ces produits, qui sont classés parmi nos principaux produits agricoles*.» Je n'ai trouvé en Provence que des oliviers beaucoup moins beaux que les oliviers de Grèce. Cependant l'huile d'Aix, grâce
* Rapport de M. Coumoundouros au roi , p. 8.
* Renseignements statistiques sur la Grèce.
' Tableau général du commerce de la Grèce en 1859.
* Tableau du commerce pendant l'année 1859, p. 13.
à l'intelligence des fabricants, est si douce et si parfumée , qu'on la recherche dans toute l'Europe..* même en Grèce M La valeur brute des oliviers de France est estimée à 30,000,000 de francs. Les Hellènes, qui ont enseigné à la Provence la culture de l'olivier , ne pourraient-ils pas imiter aujourd'hui l'habileté des marchands provençaux? La France, qui leur a donné une armée pour chasser les hordes d'Ibrahim , leur enverrait bien quelques fabricants.
D'autres arbres , qui réussissent aussi bien que l'olivier sur le sol de la Grèce, pourraient également être multipliés : tels sont l'amandier, le citronnier, l'oranger, l'abricotier, le grenadier, le jujubier. Les fruits de ces arbres peuvent tous aisément être transportés , car l'abricot se transforme en pâtes et en confitures. Le cerisier réussirait probablement dans les montagnes , car il vient très-bien en Suisse sur les flancs des Alpes, même dans TOberland bernois. Déjà la Grèce vend des fruits frais pour une valeur de 759,5H drachmes*. Quant aux figuiers , ils ont
^ En 1859, rimportation des «huiles en général» était de 805,902 dr. (TVïfc/caM général du commerce de la Grèce,)
• Tableau général, etc., pour 1859. — L'achat était pour la même année de 81,266 oques.