‹ Excursions en Roumélie et en Morée (volume 2)Chapitre 98 sur 284 · PARTIE I. — LIVRE II · texte numérisé non relu

PARTIE I. — LIVRE II

déjà donné de si beaux résultats qu'on peut sans crainte en recommander la culture.

Les voyageurs qui , comme moi, ne dépassent pas Delphes ne peuvent pas se faire une idée complète des ressources que possède la nomarchie de Phthiotide et Phocide. L'ancienne Doride est une belle et verdoyante vallée arrosée par le Céphise béotien. La vallée du Sperchius n'offrirait pas moins de ressources à une agriculture intelligente et active. Le fleuve, étroit mais profond , traverse des terres basses et marécageuses. Comme il est, dans certaines saisons, guéable en plusieurs endroits, il protège mal la frontière. En outre les alluvions du Sperchius ont modifié l'aspect des Therraopyles. La mer ayant reculé de plusieurs kilomètres, le passage, autrefois resserré entre les flots et les montagnes, est aujourd'hui large et facile. Il est vrai que de l'autre côté du fleuve se dresse comme un rempart l'Othrys qui, en se rattachant aux montagnes de l'Étolie , forme une muraille d'une mer à l'autre. En deçà du Sperchius , l'Œta , couvert de rocs et de bois, n'ayant d'autres passages que des défilés , présenterait , en cas de besoin , une seconde ligne de défense. Dans ce voisinage

de la Turquie , Lâmia , chef-lieu de la nomarchie de Phlhiotide et Phocide, a l'air d'être placée au pied de l'Othrys comme une sentinelle chargée de surveiller les Ottomans. Cependant à Lamia, comme dans toute la Grèce, on songe moins à se défendre contre un empire en décadence , qu'à lui enlever tout ce qu'il garde encore du territoire hellénique. La fertile Thessalie est évidemment une des premières conquêtes que devront entreprendre les héritiers des Botzaris et des Karaïskakis.

Après avoir dîné à Delphes , je pris la route de Khrissos , village qui occupe à peu près la place de l'ancienne Crissa. On descend à Khrissos par des chemins si étroits et si pierreux que les chevaux bronchent à chaque pas. Khrissos est une des plus agréables localités que j'aie vues en Grèce . Co mme tou t y a été détruit pendant la guerre de l'indépendance, aucune habitation ne remonte au delà de 1828. Les maisons n'ont pas seulement le mérite d'être neuves. Elles sont ornées de jardins charmants remplis de grenadiers et d'orangers. Quoique la population ne s'élevât pas à deux mille habitants , elle possédait deux écoles, une école communale, fréquentée par cent

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