‹ Excursions en Roumélie et en Morée (volume 2)Chapitre 99 sur 284 · PARTIE I. — LIVRE II · texte numérisé non relu

PARTIE I. — LIVRE II

vingt élèves, et une école hellénique où il s'en trouvait trente-cinq.

L'agriculture et l'industrie n'étaietit pas plus négligées que l'enseignement. Le blé récolté au village de Xéropigado a été considéré comme étant d'une qualité supérieure par les juges des Jeux-Olympiques. Mais la récolte est insuffisante. Il en est de même dans toute la Grèce.' On récollait 360,000 oques d'olives et 300,000 d'excellente huile. La soie (environ 1000 oques) est employée à fabriquer des chemises très-ânes qui font partie du costume national. La production de la soie est pour la Grèce une question capitale. La récolte des cocons qui, en 1840, ne dépassait pas la valeur de 650,000 drachmes , est arrivée en 1857 à 5,423,000 drachmes*. En 1859, l'exportation des cocons était de 1 ,872,459 drachmes et l'on exportait pour 709,960 de soie*. Aussi un juge compétent, M. C. Leconte, croitil que «la filature de la soie en Grèce est appelée à un développement de quelque importance. » On ne peut pas juger de son extension par le

* Rapport du ministre des finances concernant le progrès matériel du pays, 1857.

* Tableau général du commerce pendant Vannée 48S9.

nombre des établissements qui existent aujourd'hui. L'ouvrier hellène, qui est aussi indépendant qu'intelligent , s'empresse de quitter la fabrique dès qu'il a appris son métier; il chaîne ses ustensiles sur un âne et s'en va joyeusement à travers champs offrir ses services aux paysans qui récoltent la soie. Le campagnard, qui n'a pas beaucoup plus de goût que l'ouvrier pour Tindustrie manufacturière , lui fait généralement un si bon accueil, qu'on peut voir une redoutable concurrence aux manufactures dans l'industrie de ces fileurs ambulants.

Le champ cyréen qu'on parcourt en quittant Crissa appartenait aux habitants du Kyra qui eurent le malheur d'encourir la colère du dieu de Delphes ou plutôt de ses représentants. On les accusait de faire payer un impôt aux Hellènes qui débarquaient sur leur territoire pour aller au temple d'Apollon , — les pèlerinages , si populaires en Orient, étaient déjà fort à la mode, — on leur reprochait aussi d'avoir fait des excursions sur les terres consacrées au temple. Les prêtres de Delphes, qui précipitaient les « sacrilèges » des rochers du Parnasse dans les abîmes, n'entendaient pas se laisser braver. Le sacerdoce a tou-

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