‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 10 sur 339 · PARTIE IL — LIVRE IV · texte numérisé non relu

PARTIE IL — LIVRE IV

hardie n'eût pu acquitter les intolérables impôts imposés par TAutriche qui Ta impitoyablement rançonnée. Les biens-fonds supportaient la moitié de l'impôt (36 p. 100) que faisait peser sur elle cle gouvernement paternel*.» Il suffit de parcourir le pays pour s'assurer qu'il n'a pas été épuisé par ces maîtres rapaces. Les cités et les villages qui s'y entassent ont un air d'aisance. La division de la propriété Jointe à la nature du sol, produit la variété des cultures. Pâturages des Alpes, châtaigniers, vignobles, oliviers, amandiers , blé , maïs , lin , mûriers , figuiers , prés couverts de bestiaux , rizières se succèdent sous les yeux du voyageur qui descend des montagnes pour aller vers le Pô. Celte terre bien cultivée enfante une race solide; les femmes sont belles et bien vêtues ; les enfants sains ; les hommes robustes et ardents travailleurs. La richesse vient tout entière du sol, richesse bien supérieure à celle que produisent les manufactures, qui trop souvent enrichissent quelques capitalistes et dégradent la population.

* Un Lombard, M. Jacini, depuis ministre du royaume d'Italie, a fait un traité fort estimé sur la propriété foncière et les populations agricoles en Lombardie.

Quoiqu'il y ait dans TEmpire français raoins de propriétaires qu'en Lombardie, — un sur neuf habitants , — le pays est beaucoup mieux cultivé qu'avant 1789. Le voyage d'Arthur Young en France à la fin du dix-huitième siècle , édité* de nouveau par M. L. de Lavergue, donne une idée aussi exacte que triste de l'état de Tagriculture sous l'ancien régime. Mais tous les départements n'ont pas fait le même progrès. Si la France était aussi peuplée et aussi bien cultivée que le département du Nord, elle aurait 400,000,000 d'habitants et pourrait les nourrir. En général , le nord-ouest de ce vaste pays offre une agriculture avancée. Si, entre autres parties, le Midi spécialement est fort en retard, il faut l'attribuer plutôt à des causes politico - religieuses qu'à la division de la propriété.

Ces faits prouvent qu'il faut renoncer à accuser la division de la propriété de l'engourdissement de l'agriculture hellénique et chercher résolument les véritables causes de la .situation.

Lorsque la race conquérante fut expulsée du territoire qu'elle avait usurpé, les terres qui étaient en sa possession furent réunies au domaine national. A la fin de la guerre de l'indé-

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