PARTIE III. — LIVRE II
sation républicaine , un régime libéral comme celui de la France , de l'Angleterre et de la Belgique , et pour quel motif la constitution de Trézène restait une lettre morte. On se disait que l'ami de Tempereur Nicolas, lequel ne dissimulait jamais son dédain pour le libéralisme, n'était point fait pour guider vers la liberté les descendants d'Aristide , d'Épaminondas et de Philopœmen, les soldats dont le patriotisme invincible avait excité l'admiration de l'Europe entière. On s'étonnait que la liberté delà presse, dont les Hellènes avaient joui pleinement depuis 1 821 , fàt entravée de mille manières ; on répétait que dans les écoles toute science sérieuse était sacrifiée à un enseignement ultra-orthodoxe^ et que la justice n'avait aucune indépendance, puisque, sous prétexte que les tribunaux étaient provisoires, le Président s'était réservé le droit de casser leurs arrêts. Des hommes réellement disposés en faveur de l'ordre , comme Coletti , trouvaient que Capodistrias le faisait acheter bien cher!
Aussi les chefs les plus connus se décidèrent — à l'exception de Coletti — à rompre avec le gouvernement deNaupli. Ils se retirèrent à Hydra,
OÙ les belliqueux insulaires se montrèrent disposés à prendre les armes pour eux. Les Mavromikhalis , qui avaient payé par la mort héroïque de quarante et un membres de leur famille la considération dont elle jouissait, se prononçaient également contre Gapodistrias. Le Président furieux fit enfermer l'ancien bey au fort Itschkalé et son frère au Palamidi, tandis qu'un autre frère, Constantin et un fils du prince, George, furent condamnés à garder les arrêts à Naupli. Emporté par la colère , le chef de l'État frappait dans la personne d'un fier vieillard la tête de cette énergique féodalité maïnote qui avait bravé les sultans de Stamboul quand ils étaient encore la terreur de l'Europe.
Les représentants des puissances, qui comprenaient mieux que Gapodistrias la gravité de la situation, crurent devoir intervenir. Peu de temps après l'arrivée de l'expédition française , des plénipotentiaires s'étaient rassemblés à Porcs afin de s'occuper de l'organisation définitive de la Grèce. Si les gouvernements avaient été animés d'intentions désintéressées, ils eussent pu rendre au pays d'incalculables services. Malheureusement ils le considéraient comme une lice