‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 106 sur 339 · PARTIE m. — LIVRE II · texte numérisé non relu

PARTIE m. — LIVRE II

ouverte à leurs prétentions et à leur ambition. On les a donc vus trop souvent mettre , selon Tinlérêt du moment , leur influence au service des principes les plus opposés , soutenir tantôt les idées constitutionnelles et tantôt les renier. C'est ainsi que M. le duc de Broglie recommandait un jour, au nom de la France, Tadoption d'une constitution, et qu'un autre jour M. Guizot déclarait qu'il n'en comprenait pas la nécessité ! L'Angleterre ne se piquait pas d'une logique plus rigoureuse*. Il est étrange que les peuples qui ont le plus contribué par leurs intrigues diplomatiques à perpétuer en Grèce des divisions plus funestes à ce pays que le cimeterre des Ottomans, les lui aient ensuite reprochées d'une manière tellement impitoyable, qu'on a pu croire parfois qu'elle n'avait pas d'adversaires plus décidés que les compatriotes des Byron et des Fabvier.

A l'époque où les plénipotentiaires s'avisèrent d'intervenir entre le Président et les constitutionnels, la Russie, la France et l'Angleterre

* En 1834, M. Dawkins déclarait que la Grèce était incapable de supporter une constitution. Après la chute de M. d*Armansperg, TAngleterre était d'un avis complètement opposé.

SIO ÉGINE £T SÂL AMINE.

étaient loin de s'entendre. L'empereur Nicolas voyait dans Capodistrias le défenseur de «l'ordre» contre l'anarchie, le protecteur de la foi orthodoxe contre les religions occidentales , tandis que l'Angleterre et la France se défiaient autant de l'ancien secrétaire d'Étal d'Alexandre I^r que MM. Mavrocordatos , Mavromichalis et Miaoulis. Le Président, qui ne se faisait pas d'illusion sur l'hostilité des grandes puissances de l'Occident, décréta la prochaine convocation de l'assemblée nationale, afin d'empêcher leur irritation d'éclater. En même temps, pour obéir aux injonctions du commandant de la flotte russe dans la mer Egée^ il déclara que les vaisseaux de la Grèce, rassemblés à Poros, allaient partir pour Hydra où l'amiral Ricord manifestait l'intention de les employer au triomphe de la politique de son gouvernement. A cette nouvelle, l'intrépide navarque qui avait brûlé les vaisseaux du padishah y Miaoulis, accompagné de deux cents marins, se précipita avec quelques barques sur les navires mouillés à Poros et s'en empara. Les capitaines Lyons et Lalande, qui commandaient la station anglaise et la station française, ayant refusé de con-

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