‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 110 sur 339 · PARTIE m. — LIVRE II · texte numérisé non relu

PARTIE m. — LIVRE II

rester longtemps d'accord avec des collègues appartenant Tun et l'autre au parti qui venait de perdre son chef. La guerre civile ayant éclaté entre les Péloponésiens et les Rouméliotes appuyés par les insulaires , Coletti se met à la tête d'une armée rassemblée à Mégare, marche contre ses deux collègues soutenus par les représentants des puissances et force le comte Augustin à s'embarquer y tandis que Colocotronis se retirait à Carytaena.

C'est ainsi que disparut de la scène une famille qui avait fixé un moment l'attention de l'Europe. Aucun membre de cette famille n'était en état de succéder au comte Jean , « mort victime d'une fermeté impuissante S >> ^t qu'il est impossible de ne pas regarder comme une des figures les plus originales d'une époque où l'Orient produisit tant d'hommes remarquables , les Tserni- George , les Grégoire III Ghika , les Miaoulis , les Botzaris, les Milosch Obrénovitch, les Canaris, les Mavrocordatos. Quoiqu'on ne trouve chez lui ni l'intrépidité d'un Tserni-George , ni l'abnégation patriotique d'un Grégoire Ghika, ni l'enthousiasme chevaleresque d'un Botzaris, on doit

'C. Leconte, Etiide économique de la Grèce y 20.

reconnaître qu'il était doué de talents exceptionnels et d'une persévérance fort rare dans les contrées méridionales. Comme homme privé, il sut toujours , grâce à sa probité, à son respect de toutes les convenances , à ses habitudes vraiment civilisées, se faire de nombreux amis, aussi bien en Suisse et en Russie que dans la péninsule orientale. Comme homme public, il a été moins heureux ; car on a plus d'une fois suspecté la sincérité de son patriotisme. Cependant, s'il fit des fautes , il rendit aussi des services à la Grèce. Il anéantit la piraterie, il assura au pays une telle sécurité que, après une guerre terrible et des souffrances de toute espèce, le vol et le brigandage purent être partout sévèrement réprimés. Des actes significatifs prouvent qu'il n'a jamais formé le projet de soumettre ses compatriotes à l'empereur Nicolas. Il ne confia, même quand il disposait de tous les emplois, aucune fonction importante dans l'armée ou dans le gouvernement à un sujet de la Russie; il essaya si peu d'attirer les Russes dans le pays , qu'on l'a accusé de réserver toutes ses préférences pour «une multitude 'de Gorfiotes affamés.» Il éloigna même du gouvernement les

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