PARTIE III. — LIVRE II
veillante plus que les balles des Turcs. Dans TEurope orientale, la hauteur est le plus grand des obstacles à l'élévation d'un homme politique. Ali-pacha l'avait bien compris, lui qui, arrivé au faite de la puissance, déployait toutes les séductions d'un esprit vraiment inépuisable quand il s'agissait de gagner les principaux guerriers des phars (clans) de la turbulente Albanie.
Égine fait face à la fois à TAttique et à l'ancienne Épidaure , où les malades venaient autrefois chercher la santé dans le temple d'Asclépios.
Il ne reste malheureusement à Épidaure que des traces insignifiantes du hiéron consacré au dieu de la médecine que la légende faisait naître à Épidaure. Les ruines sont situées à quelques milles d'Épidaure, dans l'endroit que l'on nomme Hiéro. «Un peu au delà du temple, ditPausanias , est un endroit où dorment ceux qui viennent demander leur guérison au dieu. » Les physiologistes modernes, tels que MM. Barthez, Moreau , Double * , d'accord avec Hippocrate et Aristote , ont reconnu que les images confuses qui s'offrent dans le sommeil ont des relations
'Double, Considérations séméiologiques sur les songes, dans le Journal général de médecine , XXVll ,129.
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étroites avec la santé et la maladie. Les prêtres de TAsie et de la Grèce , observateurs trèssagaces , avaient constaté ces faits sans en reconnaître la cause. De là l'idée de faire dormir les malades dans les temples des divinités fatidiques ou médicales, tels que le devin Amphiaraiîs ou Asclépios , dans lequel on adorait sous un autre nom son père , considéré comme divinité secourable (Épicourios). Les oracles où se pratiquait Yincubation avaient produit, disaiton, une multitude de prodiges*. « Ceux qui vont consulter en songe la déesse Isis, dit Diodore de Sicile (1 , 25) , recouvrent la santé contre toute attente. Plusieurs dont la guérison était regardée par les médecins comme désespérée , à cause de la difficulté du traitement de la maladie , ont été sauvés de la sorte , et d'autres qui étaient privés tout à fait de l'usage de la vue ou de quelque autre partie du corps , en se réfugiant , pour ainsi dire, dans les bras de la déesse, furent rendus à la jouissance de leurs facultés. » Les inscriptions du temps recueillies par Bœckh attestent la reconnaissance de malades envers As-
* Strabon , XVII , atteste les guérisons opérées au temple de Sérapis.