PARTIE III. — LIVRE III
coup d'œil sur la mer où sont éparpillées les Cyclades^ et sur celles de ces îles qui sont les plus voisines des côtes , Kéos et Andros. Ces îles n'offrent pas toutes les mêmes ressources à l'activité des agriculteurs. Cependant Naxos , la plus grande, n'a rien à envier aux contrées les plus favorisées. Le raisin, l'orange, la pèche, l'abricot, l'olive mûrissent dans ses vallées, où prospèrent également le blé , le coton et le lin. Théra ou Santorin a des vignobles renommés. D'ailleurs , si l'agriculture languissait dans les Cyclades , il ne faudrait pas s'en étonner, tout y favorisant le penchant des insulaires pour le négoce et la marine. Syros a une grande importance commerciale et le marbre cipolin, si estimé dans l'antiquité ; à Ândros , dont la France brûlait les mistiks à la fin de la Restauration , les pirates ont été — de l'aveu de M. Lavallée — remplacés par d'excellents marins ; Mélos possède un très-bon port, des carrières de plâtre et de pierre meulière ; Naxos a son émeri et Paros, un port abrité et profond, sans compter ses marbres fameux.
Les doux noms de ces îles , que j'aurais quelque regret d'associer à des considérations d'éco- II ''
nomie politique, si celte science n'était, comme l'a dit Sismondi ^ la science de la bienfaisance universelle , » les noms de Naxos , de Délos , de Ténos s'unissaient dans la pensée des anciens à de poétiques légendes. C'est à Délos que Latone, poursuivie par Héra , donna le jour à Apollon et à Artémis. C'est à Naxos que Dionysos consola Ariadne abandonnée par Thésée. Une autre amante infortunée , Danaé , vint aborder à Sériphos , dans ce coffre immortalisé par les chants pathétiques du poëte de Kéos. On montrait à Myconos les tombeaux des Centaures , dont le nom indique une population de Bouviers toujours à cheval , comme étaient les primitifs habitants de la Thessalie. Délos, Andros, Ténos* étaient devenus des foyers du culte d'Apollon , de Dionysos et de Poséidon. Astyphalée adorait Achille comme un dieu.
L'histoire de Latone et de Danaé prouve, ainsi que celle d'Ariadne, que la légende hellénique ne mettait pas la constance au nombre des qualités des dieux et des héros déifiés. Le sens philosophique que cachent ces célèbres amours
n'est pas difficile à expliquer. Latone, mère d'Apollon , « enveloppée d'un voile de couleur