PARTIE III. — LIVRE III
sombre» est la nuit; Danaé, la terre sèche; Ariadne , « la blonde Ariadne , » est la principale des personnifications lunaires qui accompagnent Dionysos , la lune présidant dans le système physique des anciens à la production et à l'humidité. Pour justifier ces mythes on disait, avec Maxime de Tyr, « que le peuple, à raison de la faiblesse de son esprit, ne peut regarder les choses sous leur face naturelle et a besoin de la fable. î Malheureusement les symboles qui peuvent donner des idées inexactes de la divinité sont loin d'être exempts d'inconvénients. Combien de millions d'hommes n'ont pas été froidement égorgés, parce que l'Ancien Testament prête symboliquement à l'Eternel des colères ou
des rancunes humaines? Mais pas plus à Athènes qu'à Londres ou à Paris , les esprits élevés n'ont été dupes de ces allégories. Les poètes euxmêmes en faisaient bonne justice sur le théâtre, et Euripide ne craignait pas de dire que «la nature divine pénètre l'univers entier; que Dieu voit tout et n'est point vu , qu'il existe par luimême et qu'il gouverne les dieux*. »
Les Cyclades occupaient, quand il s'agissait du
* Fragments de Bellérophon.
culte une place encore plus importante que dans les légendes. On sait quelles solennités se célébraient à Délos en l'honneur d'Apollon. Andros était, chaque année, témoin d'une cérémonie moins brillante que les Délies , mais non moins digne d'intérêt. Dans le temple de Dionysos, au rapport de Pausanias , de Philostrate et de Pline, l'eau d'une fontaine se transformait en vin. A Ténos on faisait tous les ans, en l'honneur de Poséidon et d'Amphitrite , une fête à laquelle s'empressaient d'assister les Hellènes des îles voisines, et qui était Toccasion de nombreux festins.
Poséidon (Neptune) était la grande divinité des Ioniens. Tandis que les Pélasges restaient fidèles à leurs dieux agricoles , et que les Doriens préféraient des dieux célestes, les Ioniens, passionnés pour la navigation , propageaient le culte des dieux maritimes. On ne doit pas s'étonner qu'un peuple doué comme les Hellènes d'une ardqnte imagination ait multiplié ce genre de divinités ; car les aspects de la mer sont tellement variés , qu'elle se prête à toute espèce de personnifications. Poséidon porte un nom qui exprime le dieu de la nature fluide dans son sens le plus