PARTIE ni. — LIVRE III
Tautre ; ces animaux efi'rayés à l'approche des étrangers , sortent en grognant de dessous les escaliers extérieurs , dont les voûtes leur servent d'abris, et se précipitant à travers les jambes font souvent tomber les passants*. La ville grecque était beaucoup moins sale..., les rues en étaient étroites, mais on n'y trébuchait pas à chaque pas contre d'immondes cochons et des tas d'ordures. >
La Grèce victorieuse n'a pas usé de représailles. Quoiqu'elle n'ignore pas que le catholicisme romain donne partout à la politique autrichienne un tel appui , qu'on a nommé le parti de Rome «catholique, apostolique et autrichien , }> les membres de l'Église du pape peuvent exercer leur culte dans toutes les parties d'un royaume qui, resté comme tous les pays méridionaux fidèle au système arriéré de la religion d'État, ne tolère que les communions reconnues par Tautorilé civile. La Grèce n'a pas traité Caïris avec la même indulgence. Tandis que ce savant vieillard^ dont, après tout, le patriotisme n'a jamais été contesté, mourait en prison, trois
' Gomp. Roussel , Le» nations catholiques, Paris 1854. Voir surtout t. U, p. 1-93, TËspagne.
évêques et un archevêque romains vivaient fort paisiblement dans les Cyclades , à Naxos, à Ténos , à Théra et à Syros. Les écrivains de leur Eglise continuent pourtant de se plaindre emphatiquement de la Grèce * , et de répéter la phrase si connue d'un philosophe voltairien sur « rint'olérance naturelle à la canaille grecque , > comme si toute «canaille» n'était pas intolérante ! Il est vrai que le gouvernement lui-même a traduit devant les tribunaux quelques personnes accusées de « prosélytisme , » et qu'aucun partisan sincère de la Uberté religieuse ne saurait entreprendre de justifier ces actes. Mais Gaïris était unitaire et M. King protestant. Croiton qu'ils eussent été mieux traités dans les autres contrées méridionales, à Madrid, à Mexico, à Lima, à Rome, à Florence sous le «paterneb Léopold II? En France même, ne voit-on pas à chaque instant des écrivains condamnés à de fortes amendes et à plusieurs années de prison pour attaques contre la a religion de la majorité des Français?» Les Occidentaux qui gémissent si amèrement sur le «schisme grec, l'élément le plus funeste de l'histoire moderne {sic), qui a
* Voy. surtout LavaUée, Histoire de la Turquie.