‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 128 sur 339 · PARTIE III. — LIVRE III · texte numérisé non relu

PARTIE III. — LIVRE III

enfanté presque toutes les calamités de l'Europe ; celui qui menace encore d'en accabler Tavenir*, » feraient mieux d'engager l'Occident, catholiques et protestants , l'Espagne et la Suède , à donner auk Orientaux des exemples qui feraient sur leur esprit plus d'effet que les pompeux discours. Quand on voit une nation telle que la France — plus d'un demi-siècle après sa grande révolution — se faire par ses tribunaux l'instru* ment des vengeances sacerdotales, persécuter avec une étrange impartialité les fils de Voltaire et les fils de Wesley, et devenir même le bou* clier de la théocratie ; d'autres pays refuser les droits de citoyen à tous ceux qui n'appartiennent pas à une Église chrétienne , comment veut-on que les hommes d'État de l'Orient aient quelque chance de lutter avec succès contre les entraînements aveugles de la multitude?

La révolution hellénique , si mal vue des habitants de Syros , a pourtant assuré la prospérité de leur île et fait d'Hermopolis la capitale commerciale de la Grèce. Ces émigrés dont la présence les irritait tellement, apportaient l'opulence , avec l'activité , le goût du négoce et l'in-

^Voy. Lavallée, Histoire de la Turquie.

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telligence de la marine. Les Chiotes sont connus pour leur aptitude au commerce. Les Psariotes, qui tous se réfugièrent à Syros , étaient des marins patriotes aussi habiles que courageux. Syros leur doit la création de ces chantiers de construction pour les navires qui sont renommés dans toute l'Europe orientale. «Depuis vingt ans, disait M. G. Leconte en 1846, les chantiers de Syra ont mis à la mer de 4 à 5,000 navires*.» Quoique le mode de construction et d'armement diffère de celui qu'on a adopté en Occident, il n'enlève rien à la solidité et à la vitesse. Ces navires étant construits fort économiquement , et coûtant deux tiers de moins que les navires français , il n'est pas étonnant que les patrons puissent offrir un rabais de 5 ou 6 fr. par tonneau. «Il est notoire, dit M. C. Leconte, que les Grecs naviguent encore à meilleur marché que les Napolitains eux-mêmes *. î Cet avantage ne suffirait pas pour soutenir dans la mer Égée^ dans la Méditerranée , dans l'Adriatique et même dans la mer Noire la concurrence de la marine des grandes puissances, si la nation hellénique n'avait

* B apport au ministre de Tagriculture, août 1846.

* Ibid,

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