‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 130 sur 339 · PARTIE III. — LIVRE III · texte numérisé non relu

PARTIE III. — LIVRE III

Ces brillants résultats, M. Goumoundouros le constate lui-même S sont dus à Yinitiative individueUe. L'Etat n'a pas été aussi heureux. Capodistrias ayant laissé croire qu'il voulait mettre la marine militaire sous les ordres de l'amiral russe, Miaoulis brûla YHellas et la Spetzia. Depuis, le nombre des bâtiments de guerre a toujours diminué. En même temps le personnel trop considérable de la marine royale restait une charge très-lourde pour un budget déjà fort grevé.

On a prétendu que, malgré l'intelligence et l'activité des marins, la balance du commerce n'offrait pas un résultat plus brillant que l'examen du budget. «Depuis 1833, disent les documents officiels, l'importation est presque le double de l'exportation *.î> De tels aveux paraissaient , il y a quelques années , accablants aux adversaires de la Grèce. «Mais, dit un ouvrage qui résume les idées de la science actuelle , les données qu'on a prétendu tirer de ces calculs paraissent aujourd'hui fort contestables^.» Ge-

* Rapp. , p. 11.

■ Tableau général du commerce de la Grèce pendant l'année 4859,

» Bouillet , Dictionnaire universel des sciences , art. Balance du commerce.

pendant le ministre des finances du royaume hellénique semble aller bien loin quand il affirme que «grâce aux principes popularisés par la véritable science économique, on n'attache aujourd'hui aticune importance à la balance du commerce, d Quoi qu'il en soit de sa théorie absolue, il constate que dans les États les mieux gouvernés , « en Angleterre , en Hollande , en Sardaigne, l'excédant des valeurs importées atteint annuellement des proportions gigantesques *. » Il fait ensuite remarquer que les nations, indépendamment des gains qu'elles retirent de l'échange de leurs produits , ont d'autres ressources dont il est difficile d'apprécier l'étendue. Tels sont pour la Grèce la marine marchande d'abord ; l'argent apporté par le séjour des étrangers, — on sait que cet argent est pour l'Italie, pour la Suisse, pour l'Allemagne rhénane* , une

* Tableau du commerce de la Grèce en 48S9, p. 10 et il.

* Aussi est-il étrange que des gouvernements aient été assez ignorants pour faire payer des permis de séjour et des taxes plus ou moins odieuses aux étrangers. Telle était pourtant la manière d*agir des princes renversés en Italie par le soulèvement national commencé en 1859. Mais peut-être est-ce pousser bien loin l'indulgence que de supposer chez ces princes plus d'ignorance que d'esprit rétrograde. En éloignant les étrangers qui apportaient avec eux non-seulement leur or , mais

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