‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 131 sur 339 · PARTIE III. — LIVRE III · texte numérisé non relu

PARTIE III. — LIVRE III

source inépuisable de richesses ; — les capitaux des Hellènes qui reviennent dans le pays après avoir fait fortune et surtout le profit qui résulte de l'échange des productions du sol à l'extérieur. € Supposons , dit le ministre, qu'un propriétaire envoie à Londres, pour son compte, 100,000 livres de raisin de Corinthe, évaluées, à l'exportation*, 30,000 dr. , avec lesquels il fait acheter des marchandises qui, en arrivant en Grèce, peuvent se vendre 40,000 dr. ; peut-on douter que le propriétaire, et par conséquent le pays même, n'ait gagné par là 40,000 dr. , sans que pour cela on ait exporté un seul centime de numéraire?» Cependant le ministre se préoccupe avec raison de faits graves qui prouvent l'état peu satisfaisant de l'agriculture *.

Au sud des Cyclades s'allonge, dans la Méditerranée , la grande île de Crète , qui , malgré plusieurs insurrections, est restée sous le joug des Ottomans. La Crète, destinée à devenir un des plus beaux fleurons de la couronne hellé-

aussi les lumières , ils espéraient qu'ils parviendraient à maintenir les Italiens dans une stupidité nécessaire à Texercice du pouvoir absolu.

* Tableau général du commerce de la Grèce ^ p. 13.

nique, n'a pas moins de 140 kilomètres de long sur 60 kilomètres de large. Cette île, que couronne le mont Ida , couvert de neiges éternelles , est d'une fertilité singulière et possède de bons ports. Quand elle appartenait aux Hellènes, elle avait 1,200,000 habitants. 11 ne lui en reste que 200,000 ! La moitié de la population est restée fidèle au christianisme. Les Spakhiotes, beaux, robustes et adroits, qui habitent les montagnes au midi de la Ganée (Gydonie) et de Retifno (Rithymna), sont d'ardents patriotes qui se sont soulevés bien des fois, notamment en 1770, contre la domination étrangère. En 1821, ils ont de nouveau essayé de chasser l'étranger. Ils attendent avec impatience l'occasion de rendre à ce beau pays la splendeur dont il était si fier quand il opposa une héroïque résistance à la conquête romaine. On peut appliquer à la Crète , à Thasos , à Samothrace , à Imbros , trois îles belles et fertiles , qui forment une chaîne en avant du rivage de la Thrace , ce qu'un témoin oculaire , ancien élève de l'école française d'Athènes*, dit de Rhodes : « Elle n'est plus que l'ombre d'ellemême. Toutefois , jusqu'au milieu de la déca-

* Voy. Guérin, Voyage dans Vile de Bhodes, Paris 1856.

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