PARTIE III. — LIVRE III
dance — l'Autriche. La régence , outre les défauts qui caractérisent la bureaucratie bavaroise, était composée d'éléments hétérogènes. M. de Maurer, fils d'un pasteur protestant, jur risconsulte éminent et intelligence ouverte aux idées du temps, pouvait-il avoir toutes les vues d'un ultramontain fougueux tel que M. d'Abel * ? Le comte d'Armansperg, dévoué à l'influence anglaise , ne devait-il pas trouver dans ses collègues plus d'une opposition à des tendances aussi exclusives ? Les dissensions qui éclatèrent dès le début entre les régents, prouvèrent que la discorde n'est pas'un mal particulier à l'Orient. Ces dissensions nécessitèrent une nouvelle organisation vers la fin de 1834, et MM. d'Abel et de Maurer furent rappelés* par le roi Louis qui leur donna des sucesseurs et qui dictait à Munich des lois à la Grèce étonnée. Cet étonnement se manifesta, même avant ce changement, par des agitations qu'il était facile de prévoir. « Les Bavarois , a-t-on dit , semblaient avoir envahi la Grèce. » L'admission dans les rangs de l'admi-
* Le Dictionnaire des cantemporaim cite des traits curieux de son intolérance.
* M. Heideck fut rappelé à la majorité du roi.
nistration et de Far niée d'un si grand nombre d'étrangers ne tarda pas à soulever la multitude contre la xénocratie. Cette multitude, peu sensible aux efforts que faisait la régence pour donner au pays un commencement d'organisation européennne , prêtait l'oreille aux amis de Capodistrias, qui l'accusaient de gaspiller les deniers publics. Au mois de mars ISSA, une conspiration, organisée par Colocotronis, le fit condamner à vingt ans*de réclusion. Coletti, qui était fort loin d'approuver la marche des affaires , se prononça pourtant contre le turbulent Arcadien, et quand les Péloponésiens s'insurgèrent de nouveau , sous prétexte de le délivrer , il leur tint tête avec ses Rouméliotes et les obligea à se soumettre. Croyant qu'il ne fallait pas affaiblir un gouvernement déjà si chancelant, que menaçaient à la fois les klephtes du nord, les indomptables Maïnotes et les rudes Pallicares habitués à suivre Colocotronis, il consentit à prendre le portefeuille de l'intérieur. Si le roi eût profité de sa majorité pour avancer dans la voie d'améliorations conseillées par Coletti, comme par M. Maurer et même par M. d'Abel, bien des complications eussent été épargnées au