PARTIE III. — LIVRE III
pays. Mais le jeune prince, devenu majeur en 4835, bien loin de répondre aux vœux de la nation qui demandait le renvoi des Bavarois , nomma M. d'Armansperg archi-chancelier et président du conseil. Coletti fut envoyé comme ambassadeur en France ; Metaxas , qui était chef du parti russe , quand j'ai visité la Grèce, en Russie, et M. Mavrocordatos, en Angleterre. Le gouvernement d'Athènes — au commencement de celle année 1835^ Naupli avait cédé à Athènes le titre de capitale du royaume de Grèce — le gouvernement d'Athènes , débarrassé des hommes les plus importants, crut pouvoir persévérer dans € l'absolutisme éclairé » que le roi Louis considérait comme l'idéal d'une bonne politique. M. d'Armansperg, qui, en Bavière, s'était montré l'adversaire de la coterie ultramontaine et de la camarilla de Munich, se laissa trop aisément séduire par la perspective de devenir le Richelieu de la Grèce. Mais un de ces revirements, qui tant de fois faillirent être funestes au cardinal , renversa M. d'Armansperg. Le roi revenait d'Allemagne où il avait épousé la fille aînée de feu le grand-duc Paul d'Oldenbourg, Marie-Frédérique-Amélie , née le 21 décembre 1818. Le
comte d'Armansperg, au moment où il était allé complimenter le souverain avant son débarquement, apprit sur le Portlaiid même, que le roi n'avait plus besoin de ses services.
M. de Rudhart, qui le remplaça, n'était pas assez habile pour relever le gouvernement des étrangers. 11 accorda une haute paie de 25 centimes par jour aux mercenaires bavarois, persécuta la presse et eut le lalent de déplaire à la fois au peuple et au roi. Son administration n'était pas de nature à changer les idées de la nation , fort hostile au régime dont elle amena la chute. CL Le souvenir des divisions des régents , dit M. G. Leconte, des intrigues et des dilapidations qu'elles amenèrent à leur suite, reste péniblement gravé dans la mémoire des Grecs dévoués à leur pays.» Aussi, loin d'avoir pu continuer l'œuvre d'émancipation de la nationalité hellénique commencée par la République , la Grèce fut obligée de s'attacher uniquement à défendre son autonomie contre une invasion qui répugnait profondément à toutes ses tendances.
Dans un pays ruiné par une guerre d'extermination, il était naturel que les hommes qui en avaient soutenu le poids accablant, qui avaient