‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 137 sur 339 · PARTIE III. — LIVRE III · texte numérisé non relu

PARTIE III. — LIVRE III

exposé leur tête et sacrifié leurs biens , vissent avec colère leur place occupée par des fonctionnaires dont aucun, sauf le général de Heideck, volontaire de 4826, n'avait pris les armes pour la Grèce. Dans l'armée, l'introduction soudaine de l'élément bavarois amenait de bien plus graves perturbations. En général, tout gouvernement qui est obligé de faire un appel à des troupes étrangères, se met dans une position délicate. N'autorise-t-il pas par ce seul fait les accusations des gens qui lui reprochent de n'avoir aucune racine dans le pays? Telle n'était point, sans doute, la situation du gouvernement hellénique, la Grèce s' étant prêtée sans répugnance à l'établissement d'une monarchie qu'elle considérait comme une force pour la nationalité renaissante. En outre, les troupes irrégulières, qui ne formaient pas moins de 6000 hommes à la mort du président, étaient livrées à une telle anarchie , qu'il ne semblait pas possible de compter sur elles. Mais au lieu de Hcencier ces troupes et de les disposer à se jeter dans les bandes de pillards rassemblées aux frontières du nord, n'eût-il pas mieux valu les réorganiser en s'entendant avec les chefs qui avaient leur con-

fiance? Ne pouvait-on pas faire en mars 4833 ce qu'on a fait en mars 4836? Etait-il nécessaire d'attendre à Tannée 4838 pour établir la conscription? Pourquoi n'avoir pas recours à la garde civique , qui , dans la révolution italienne , a fait sortir du sol une armée bien équipée et bien disciplinée et qui n'existe pas encore en Grèce ? Un savant économiste français pense avec raison que le pire remède aux difficultés de la situation était d'employer les faibles ressources de la Grèce à solder des mercenaires, a La portion de l'emprunt, dit-il, absorbée par l'occupation bavaroise , l'a-t-elle été utilement? Nous ne le croyons pas, car il est de notoriété publique que les troupes recrutées en Bavière se composaient de la lie de l'Allemagne ; que leur conduite a été souvent fort répréhensible en Grèce, où leur présence n'a fait qu'irriter les populations , les aliéner au gouvernement et créer de très-graves embarras. » M. G. Leçon te ajoute qu'il ne met pas sur la même ligne que les mercenaires qui les ont remplacés , les troupes distraites de l'armée bavaroise , lesquelles ont pu « rendre des services temporaires. » Malgré ces services, il ne craint pas d'avancer a: sous l'autorité de person-

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