‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 138 sur 339 · PARTIE III. — LIVRE III · texte numérisé non relu

PARTIE III. — LIVRE III

nés respectables et connaissant parfaitement Télat du pays, que l'organisation d'une armée permanente étrangère fut une très-grande faute, et que les brigandages exercés sur la frontière turque par les troupes irrégulières licenciées ri'ont pas d'autre origine. » Le temps n'a pas changé cette manière de voir chez les Hellènes, et ils n'ont pas conservé plus d'estime que les Italiens pour ce service mercenaire dont on s'étonne de retrouver quelques traces dans un siècle très-fier de ses progrès.

Si l'organisation de l'armée laissait tant à désirer sous la régence , les fiijances ne furent pas mieux administrées , et l'incurie reprochée à la RépubUque fut assurément dépassée. La régence, suivant l'exemple du président, refusa de reconnaître les deux emprunts contractés en Angleterre par la République , « le seul de tous les emprunts , dit M. Leconte , qui ait reçu sa véritable destination. » C'était déjà une faute « au point de vue de l'équité,» selon le même économiste; puisque l'opération, « sans être brillante pour la Grèce , » ne semble pas pouvoir être «considérée comme usuraire, » et qu'elle^ lui a été utile , « en ce sens qu'elle a pu au

moins s'approvisionner d'armes, de munitions de guerre, et allouer quelques subsides en argent à ceux qui défendaient sa cause. ^ Ces emprunts ayant été complètement employés , et le trésor se trouvant vide en 1832, l'Angleterre, la France et la Russie consentirent à garantir rintérêt et l'amortissement d'un emprunt de 60,000,000 de francs. Cet emprunt étant devenu un sujet inépuisable de déclamations contre les Hellènes , il importe d'établir les faits tels qu'ils ont été constatés par M. Lemaître , commissaire du gouvernement français près la banque hellénique et par l'auteur grec d'une très-bonne Notice sur les finances de la Grèce de 1833 à i843K

D'abord la Grèce n'a point touché la ferle somme qui lui a été prêtée' ; mais seulement, et encore en y ajoutant l'emprunt de la Bavière, 31,558,986 dr. 71 lept.

l** La Turquie a reçu comme indemnité 12,531,164 dr.

2o Divers créanciers pour dettes antérieures à la royauté, 2,238,559 dr.

* Voy. Spectateur de l'Orient de 1854 et 1855.

* En effet , il faut défalquer l'escompte , la commission , les intérêts , etc.

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