PARTIE III. — LIVRE III
On entend souvent en Occident le clergé catholique qui, comme en France, reçoit du budget des sommes considérables — il coûte trente millions, disait Napoléon I^r — ou possède^ comme en Autriche , des biens immenses , se plaindre amèrement de la rapacité des papas! «Qui pourrait supporter les Gracques se plaignant de la sédition?» Le clergé romain, qui est uniquement composé de célibataires , outre ses revenus fixes, tire des fidèles un riche casuel, il exploite le purgatoire, les sacrements, les dispenses, les sources miraculeuses, le denier de saint PieiTe, les biens des ordres religieux, etc. *, et il reproche aux prêtres de l'Église orientale, dont la condition ressemble tant à celle des paysans, le culte du veau d'or !
Quoique la condition des évêques de la Grèce soit moins précaire que celle des prêtres , elle ne ressemble en rien à celle des fastueux prélats de l'Église romaine. Le métropolilain d'Athènes reçoit 6,000 dr. par an, tandis que l'archevêque de Paris cumule les traitements énormes d'archevêque, de cardinal, de sénateur, de grand-
* Voy. E. de Pressensé , Du catholicisme en France , livre plein de curieux détails pris aux sources officielles.
aumônier, etc. Les évêques n'ont que 4,000 dr. ; somme que sonÉminence, le chevalier de Rauscher, cardinal-archevêque de Vienne , membre de la chambre des seigneurs, etc., n'ofifrirait pas à ses cuisiniers.
Si, en 1833, on eut le tort de ne pas donner au clergé séculier des représentants dans le Saint- Synode, on sut du moins renfermer prudemment le monachisme dans des limites qui paraissent fort étroites aux couvents. Une grande partie des monastères furent fermés et leurs immeubles réunis au domaine. Depuis 1843, la caisse ecclésiastique ayant été supprimée, ces biens sont administrés par le ministère des finances. Ainsi, tandis que de grandes nations, comme la France, se déclaraient impuissantes à arrêter rinvasion de ce monachisme arrogant qui disait fièrement par la bouche de Lacordaire : c Les chênes et les moines sont immortels, 5> un peuple petit, mais habile à déjouer les plans de la théocratie , lui opposait des barrières qu'il essaierait en vain de franchir.
Je crois avoir prouvé que l'époque de la Régence, malgré les divisions scandaleuses, les querelles acharnées et les fautes multipliées des