‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 145 sur 339 · PARTIE III. — LIVRE III · texte numérisé non relu

PARTIE III. — LIVRE III

régenls bavarois, malgré la mauvaise administration des finances et Tappel des mercenaires , ne fut pas complètement stérile. A l'organisation de la justice et de l'Église , il faut ajouter la création d'une cour des comptes , la régularisation des poids et des mesures , l'établissement de la magistrature consulaire , le règlement des douanes. On pouvait espérer que le roi Othon, débarrassé des régents et instruit par l'expérience , éviterait les erreurs du passé et s'avancerait résolument dans la route du progrès. Mais ce prince , sincèrement attaché aux idées de la cour de Rome, devait naturellement se défier d'opinions qu'elle a tant de fois et si solennellement condamnées. Cette loyauté même devenait pour lui une source de difficultés , ses convictions religieuses paraissant aux yeux de la nation un obstacle à toute réforme et à toute politique réellement nationale qui n'aurait pas l'approbation du parti austro-romain, allié des Turcs. Aussi dès 1840 éclatait la conspiration philorthodoxe «qui avait pour but , dit M. G. Leconte, de forcer le roi à embrasser la religion grecque et à faire de la propagande en Turquie. » Les agitations que la question d'Orient causait à cette époque

n'étaient pas de nature à calmer les esprits : la Thessalie était disposée à s'insurger, la Crète se soulevait, des sujets du royaume volaient au secours des Cretois. Le roi eût pu sans peine deviner que des concessions indispensables pouvaient seules prévenir une révolution. Cette révolution éclata à la fin de Tété de 1843. Le 3/15 septembre, à une heure du matin , le bruit des cloches, des tambours et des coups de fusil tirés en l'air annonçait aux Athéniens un soulèvement général. La troupe , loin de le comprimer, courut au palais avec le colonel D. Kalergis* Tous , soldats et citoyens , criaient : « Vive la constitution ! » Devant cette manifestation imposante, le roi céda , et une Constituante fut convoquée. L'Assemblée nationale ayant terminé ses travaux, le pacte fondamental fut promulgué le 30 mars 1844.

La constitution de 1844 ressemble à toutes celles qui furent en vogue sur le continent dans la première moitié du siècle, de 1814 à 1848. Les auteurs des chartes de cette époque ont pris pour modèle la constitution anglaise, sans se préoccuper assez de la diiférence des religions , des traditions nationales, des caractères, des

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